La retraite, souvent synonyme de voyages et d’évasion, peut vite se heurter à des réalités financières inattendues. À 55 ans, un couple canadien qui a pris sa retraite anticipée doit remettre en question ses projets de voyage face à des économies qui s’effritent rapidement. Plutôt que de céder au découragement, ils choisissent la gratitude pour leur situation actuelle.
Les revenus et économies du couple ne suffisent pas à financer leurs rêves
Le couple, constitué de mon mari et moi-même, avait toujours envisagé une retraite active ponctuée de voyages aux États-Unis et au Canada. Mon époux a commencé à toucher sa pension du régime d’assurance-retraite du Canada en 2015, tandis que je suis entré dans la même période en 2023. Nous étions confiants quant à notre capacité à vivre confortablement grâce aux économies accumulées jusqu’alors.

Désireux d’augmenter nos ressources financières durant cette période de retraite, nous avons chacun pris des emplois : j’effectue des remplacements dans les écoles locales et rédige également pour des concerts. De son côté, mon mari construit aussi des cabanes de chasse lorsqu’il le peut.
Malgré toutes ces initiatives financières lors de nos préparatifs pré-retraite avec des conseillers financiers, la réalité est devenue frappante lorsque nous avons constaté avoir dépensé près de 50% de nos économies en seulement un an. Cette somme englobe non seulement l’entretien imprévu lié à notre maison neuve mais également le soutien apporté à notre fils dont la famille devait être relogée suite à un incendie.
Nous n’avions pas anticipé une telle série d’imprévus : quatre pannes d’appareils ménagers en quatre mois ont affecté notre budget déjà fragile. Par ailleurs, les coûts liés aux biens essentiels continuent d’augmenter sous l’effet de l’inflation.
Le couple choisit la gratitude plutôt que l’envie malgré leurs difficultés financières
Face à ce tournant difficile dans notre existence financière, mon époux et moi avons dû revoir nos priorités. Nos rêves initiaux axés sur le voyage sont désormais mis sur « pause » afin d’assurer une certaine sécurité financière pour les années futures.
Ce changement psychologique a parfois provoqué certaines tensions ; je souhaitais voyager davantage alors que mon mari était davantage préoccupé par notre stabilité financière future.
Après une réflexion approfondie sur l’importance relative entre désirs et besoins fondamentaux, nous avons accepté cette réalité plus sereinement. Nous avons réorienté notre focus vers ce qui compte réellement : dégager du bonheur au quotidien par le biais d’activités simples telles que dîner ensemble ou sortir voir un film.
Se rendre compte qu’il existe encore tant éléments positifs – comme le fait d’avoir accès aux essentiels tels que nourriture et logement – pourrait faire basculer facilement l’équilibre émotionnel vers une appréciation accrue plutôt qu’une frustration face aux incertitudes économiques actuelles.
Si mes bénéfices devraient débuter prochainement ou si je prends un emploi bien rémunéré sporadiquement dans le futur, peut-être aurons-nous encore la possibilité de réaliser un ou deux voyages mémorables… Mais quoi qu’il arrive aujourd’hui m’a permis, en tant qu’individu, de trouver reconfort simplement en étant reconnaissant envers ce qui compose ma vie présente – au lieu se concentrer uniquement sur ce qui manque actuellement.