Chapô : Les inquiétudes grandissent concernant l’éventualité d’un krach dans le secteur de l’intelligence artificielle (IA). Après une chute significative des cryptomonnaies, des experts comme Gita Gopinath et Michael Burry mettent en garde contre les dangers d’une bulle technologique. L’économie mondiale pourrait souffrir de répercussions sévères en cas de crise.

Des avertissements de grande ampleur
Depuis début octobre, le bitcoin a chuté de 30%, entraînant la perte d’1 000 milliards de dollars pour le secteur des cryptomonnaies. Cette dégringolade, accompagnée d’autres signes annonciateurs, amène des figures influentes du monde économique à s’interroger sur la viabilité actuelle du marché technologique. Michael Burry, connu pour avoir anticipé la crise des subprimes, a récemment affirmé qu’« tous les ingrédients sont réunis pour déclencher une crise majeure ».
Arnaud Marquant, directeur chez KB Crawl SAS, rappelle que la vente par Peter Thiel de ses actions Nvidia soulève également des craintes sur un potentiel krach dans l’IA. D’autres indicateurs confirmant ces préoccupations incluent le retrait du conglomérat japonais Softbank de Nvidia et les annonces récentes de la Banque centrale européenne (BCE).
Optimisme persistante malgré les risques
Malgré ces incertitudes, Wall Street et le Nasdaq ont montré un léger regain d’activité depuis leur abaissement initial. À l’issue des résultats trimestriels annoncés le 19 novembre, Jensen Huang, P-DG de Nvidia, a déclaré : « La bulle ? Quelle bulle ? La demande en puissance de calcul ne cesse de s’amplifier ».
Les investisseurs continuent à espérer qu’une nouvelle révolution industrielle se profile grâce à l’IA. Selon Arnaud Marquant, « l’IA reste un outil formidable et incontournable » qui pourrait finalement amener une amélioration substantielle en matière de productivité.
Cependant Philippe Chalmin met en garde : « Il y a beaucoup d’analogies entre ce qui s’est passé en 2000 autour d’Internet […] alors que les débits installés étaient insuffisants », ce qui avait conduit à un effondrement durable des projets liés.
Les conséquences potentielles d’un krach
Gita Gopinath va encore plus loin dans son analyse pessimiste. En cas d’effondrement du marché lié à l’IA, elle estime que « les ménages américains y perdraient 20 000 milliards de dollars », soit soit à environ 70% du PIB américain, tandis que les investisseurs étrangers pourraient perdre 15 000 milliards (soit 20% du PIB mondial).
Le caractère hautement concentré du secteur pose aussi question : sept entreprises représentent actuellement près de 30% della valeur du S&P 500. Ce manque de diversité ressemble aux milliers of petites start-up présentes lors du krach Internet au début des années 2000.
Philippe Chalmin souligne par ailleurs que « la survalorisation [.] est dans le domaine de l’irrationnel », ajoutant qu’un éclatement semble inévitable lorsque cette concentration est combinée aux besoins croissants en infrastructures énergétiques.
Alors que nous entrons peut-être dans une nouvelle génération d’applications IA moins énergivores que celles existantes actuellement avec ChatGPT et autres modèles similaires, il n’en demeure pas moins fondamentalement important pour les acteurs économiques comme pour les consommateurs : rester vigilants face aux promesses parfois excessives liées aux technologies émergentes.