Il y a 30 ans, j'ai débuté le backpacking en Asie du Sud-Est. C'était mieux sans smartphones ni réseaux sociaux

Lester V. Ledesma, un professionnel du voyage et auteur, évoque les changements fondamentaux dans la façon de voyager en Asie du Sud-Est depuis les années 90. Son expérience souligne comment la technologie moderne impacte l’authenticité des interactions avec les habitants et le plaisir de la découverte.

Un parcours de longue date

Lester V. Ledesma a commencé sa carrière en tant qu’écrivain et photographe de voyage dans les années 90 après avoir déménagé à Singapour. À cette époque, il est tombé amoureux de l’exploration des Philippines, son pays natal, armé uniquement d’un sac à dos et d’un appareil photo. « J’ai commencé à voyager à travers l’Asie du Sud-Est à la fin des années 90 », explique-t-il. Avec ce premier voyage, il a développé une passion qui l’a conduit vers des destinations telles que le Cambodge et le Myanmar, participant même aux festivités uniques comme Thingyan.

Il y a 30 ans, j’ai débuté le backpacking en Asie du Sud-Est. C’était mieux sans smartphones ni réseaux sociaux

Les défis modernes de la randonnée

Ledesma fait état des nombreux défis apportés par la numérisation croissante dans le secteur du tourisme : « En tant que Salty Old Road Warrior, je dirais que nous avons perdu quelque chose dans cette époque hyper-connectée ». Aujourd’hui, alors que tout semble plus facile grâce aux applications telles que Google Maps ou Expedia, il constate une perte significative d’authenticité. Pour lui, la découverte était autrefois synonyme de sérendipité : « Se perdre pour se retrouver faisait partie de la raison pour laquelle la randonnée était tellement amusante ».

La difficulté d’interagir avec les locaux

Il note également une détérioration de l’interaction humaine causée par cette tendance numérique : « Bien sûr […] il n’y a rien de tel qu’une touche de gentillesse d’un local sympathique pour rendre une expérience unique ». Les influenceurs sur réseaux sociaux offrent souvent des expériences standardisées qui peuvent priver le voyageur d’opportunités uniques offertes par une interaction authentique avec les habitants.

Une immersion difficile

Alors qu’il y a peu encore voyager voulait dire s’éloigner véritablement du monde connecté, cela devient aujourd’hui plus complexe : « De nos jours, nous pouvons toujours voyager en solo […] mais une connectivité constante signifie que nous ne sommes jamais seuls ». Plutôt que d’inscrire leurs réflexions dans un journal manuscrit ou simplement profiter du moment présent, beaucoup partagent leur quotidien sur Facebook ou Instagram pendant leurs voyages.

Évènements vécus entre routards

Enfin, Lester Ledesma se remémore un temps où partager ses expériences avec d’autres voyageurs créait un véritable sens communautaire autour des hubs touristiques tels que Khao San Road à Bangkok ou Pham Ngu Lao Street à Ho Chi Minh-Ville : « Nous échangerions des histoires de voyage sur de la bière bon marché ». Toutefois aujourd’hui beaucoup semblent manquer cet esprit d’aventure original au profit des connexions virtuelles superficielles.

À mesure que le panorama touristique évolue sous l’influence grandissante des technologies numériques, Lester V. Ledesma appelle ainsi tous ceux qui voyagent à s’engager davantage avec leur environnement afin qu’ils puissent vivre pleinement chaque instant sans être entravés par leurs appareils mobiles.

Passionné de sport et grand fan de la NBA je m’intéresse autant aux grands événements internationaux qu’aux histoires humaines qui se jouent en coulisses. Curieux et amateur de voyages, j’aime transmettre l’énergie et les émotions qui font vibrer le monde du sport.