Caroline Chirichella raconte, dans un témoignage publié par Business Insider, les difficultés qu’elle rencontre avec l’écart d’âge qui la sépare de son mari. Âgé de 61 ans, celui-ci élève avec elle deux jeunes enfants, et elle dit constater des différences d’énergie de plus en plus marquées entre eux.

Le couple s’est rencontré en 2014. Une relation qu’elle décrit comme un coup de foudre : ils ont emménagé ensemble un an après leur rencontre, se sont fiancés six mois plus tard, puis se sont mariés un mois après. Un peu plus d’un an après le mariage, leur premier enfant est né.
Tout est allé très vite, dans l’émotion et l’amour. Mais l’autrice, qui se dit peu encline à se laisser emporter par l’instant, affirme que le couple a abordé dès le début les sujets lourds, comme les enfants, l’avenir et le type de vie qu’ils souhaitaient mener. Plus de douze ans après, elle se dit surprise de lutter avec un point qu’elle pensait avoir réglé : leur différence d’âge.
Un écart connu dès le départ
Lorsqu’elle a rencontré son mari, elle avait 25 ans, et lui 48 ans. Elle connaissait donc son âge exact, et savait que vieillir ensemble poserait des questions particulières. Elle précise que cet écart ne l’a jamais vraiment gênée, notamment au moment de décider d’avoir des enfants, dont ils ont parlé avant même leurs fiançailles.
Elle reconnaît toutefois qu’il existe une différence entre être conscient d’une possibilité et la vivre. Ces derniers temps, l’écart s’est manifesté de plus en plus souvent, et elle dit en vouloir un peu à elle-même d’en être surprise. « Je n’ai jamais vraiment voulu admettre à quel point », écrit-elle.
Une situation qui pèse sur le quotidien
Le mari de l’autrice, qui a aujourd’hui plus de 60 ans, est père d’un enfant de 8 ans et d’un autre de 3 ans. Elle souligne qu’il est en bonne forme physique pour son âge, mais qu’il n’est pas rare que la fatigue se fasse sentir face à un enfant de 3 ans très vif. Parfois, il ne peut tout simplement pas suivre le rythme de son cadet, qui court plus vite que n’importe qui, ni celui de son aîné, qui parle à toute allure.
« Ce qui me dérange le plus, c’est à quel point je me sens naïve », confie-t-elle. Elle dit avoir pourtant discuté de cette possibilité avec son mari, qui avait lui-même exprimé ses inquiétudes à l’idée d’être un père « âgé ». Ensemble, ils avaient pris la décision d’avoir des enfants. Aujourd’hui, elle dit se sentir coupable, comme si elle avait été égoïste et que cette situation n’était pas juste envers leurs enfants.
Elle évoque aussi la fatigue de son mari face à la charge de la vie de famille, qui s’ajoute à celle qu’elle-même supporte, entre ses deux enfants et son entreprise.
Deux étapes de vie différentes
L’autrice dirige une agence de relations publiques qui, selon ses mots, est en plein essor. Elle se sent au début de son parcours, avec de l’énergie et de l’ambition. Son mari, lui, a longtemps dirigé une entreprise de construction, mais ce chapitre est désormais derrière lui. Il est devenu père au foyer et prend en charge une grande partie de l’organisation familiale : il est le seul à conduire, gère les rendez-vous, supervise les travaux de la maison et fait les courses.
« À cet âge, peut-être ne devrait-il pas avoir à tout faire », estime-t-elle. Elle souligne que leur relation n’a pas vraiment changé et qu’ils parviennent à en parler. Pour elle, ils découvrent tous deux une situation inédite. « À 25 ans, je pouvais comprendre que mon mari avait 23 ans de plus que moi. À 38 ans, je le ressens. »