Le président américain, Donald Trump, semble avoir fait un pas de plus vers la divulgation complète du dossier des ovnis, sans encore accomplir le geste décisif qu’espèrent les lanceurs d’alerte. Interrogé à la Maison-Blanche par Rob Finnerty, de la chaîne Newsmax, le président a longuement esquivé la question.

Le journaliste lui a demandé sans détour : « Les extraterrestres existent-ils ? Avons-nous reçu leur visite ? Sommes-nous en train de rétro-concevoir leur technologie ? Et vous, le ferez-vous ? » Donald Trump affirme avoir recueilli les témoignages de pilotes de l’armée de l’air, dont l’un aurait observé un objet rond allant « quatre fois plus vite qu’un F-22 ». Relancé sur la « divulgation », il a tempéré : « Je cherche. Encore une fois, ce sujet particulier ne figure pas en tête de mes priorités. »
Pour Sébastien Valiela, ancien photographe des stars et auteur de « Divulgation », « l’obsession de Trump aujourd’hui est d’entrer dans l’histoire en tant que président qui officialisera la divulgation ». Il estime que le président ne veut pas laisser cet héritage à son successeur, surtout s’il perd les élections de mi-mandat.
L’armée et les renseignements freinent des quatre fers
Selon Sébastien Valiela, le blocage ne viendrait pas de la Maison-Blanche mais du Pentagone et de la CIA. Il cite les propos d’Avi Loeb, astrophysicien de renom récemment nommé par Donald Trump à la tête d’un nouveau conseil consultatif scientifique, l’UAP Science Advisory Council. Selon lui, le président et son proche conseiller Stephen Miller veulent contourner le refus du Pentagone et de la CIA de livrer les documents classifiés.
Deux structures travaillent en parallèle. D’un côté, une task force juridique, menée par des élus comme Luna, Burchett ou Burlison, tente de récupérer les pièces par voie légale. De l’autre, un bureau scientifique dirigé par Avi Loeb a été « créé directement par la Maison-Blanche pour court-circuiter le Pentagone et analyser scientifiquement les documents que les congressistes parviennent à récupérer ».
Pendant que l’armée et les renseignements freinent, plusieurs voix font pression sur la Maison-Blanche. Cindy Adams, éditorialiste du New York Post et amie de longue date du président, l’exhorte à tenir ses promesses de transparence : « Un autre pays pourrait bientôt faire une annonce définitive. Une Amérique qui répond par des dérobades risque de voir sa crédibilité compromise. »
Concurrence internationale
Le livre de Jay Stratton, ancien haut responsable de la DIA et ancien directeur de l’UAP Task Force, a été publié en octobre. Ses affirmations, comme la récupération d’engins d’origine non humaine, ne sont pas accompagnées de preuves matérielles vérifiables, reproche notamment Avi Loeb, qui lui demande de remettre ces éléments aux scientifiques ou directement à la Maison-Blanche.
Pour Sébastien Valiela, Donald Trump aurait besoin d’un « smoking gun » irréfutable, « une vidéo ou un document incontestable », sous peine de passer pour fou. La crainte de se faire devancer par la Chine ou la Russie pèserait aussi dans la balance. Dans le Daily Mail, un prétendu lanceur d’alerte, présenté comme un ancien collaborateur de la NASA, affirme que « la divulgation totale se produit enfin… mais elle ne vient pas de la Maison-Blanche ».
La dimension internationale du dossier a aussi été abordée lors du colloque « Ovnis, BRICS et géopolitique », organisé le 19 septembre à Massy. Son organisateur, Jann Halexander, du collectif UAP Afrique, affirme : « On réalise vraiment à quel point ce sujet est mondial et n’a absolument rien d’une lubie américaine. »
La question des PAN redevient un enjeu de campagne
Aux États-Unis, la transparence s’invite désormais dans la campagne des élections de mi-mandat, qui s’annoncent difficiles pour les républicains. Certains élus démocrates, jusqu’ici discrets, refusent de laisser l’initiative à Donald Trump.
André Carson, député démocrate de l’Indiana, réclame la publication de la seconde partie d’un rapport recensant les enquêtes menées par l’armée et les agences gouvernementales sur les ovnis depuis 1945. Réalisé en 2023, ce document n’a jamais été rendu public, contrairement à sa première partie, qui concluait à « l’absence de preuve vérifiée d’une technologie extraterrestre ». André Carson accuse Donald Trump d’en retarder la publication et lui reproche sa « flemmardise ».