Le film Wicker, avec Olivia Colman, Peter Dinklage et Alexander Skarsgård, a été projeté en format 4DX le 28 octobre, lors d’une soirée unique. Les places se sont vendues si vite que les séances ont été prolongées jusqu’au 5 novembre.

Adapté de la nouvelle The Wicker Husband d’Ursula Wills-Jones, le film suit une pêcheuse d’un petit village, interprétée par Olivia Colman, qui convainc un vannier local de lui fabriquer un mari en osier. Le premier teaser, diffusé par le distributeur indépendant Black Bear, a fait sensation sur les réseaux sociaux. Les scènes où le couple consomme son mariage au point de casser le lit ont enflammé les internautes, et une blague a vite circulé : « Ce sera disponible en 4DX? »
Une demande bien réelle
Née d’une plaisanterie, la demande s’est pourtant révélée concrète. Les spectateurs interrogés par Rolling Stone décrivent une soirée bruyante et collective, qu’ils jugent révélatrice de ce que le public pourrait attendre des films romantiques.
À New York, Robert Belpasso, 32 ans, a mesuré l’ampleur de l’engouement en tentant d’acheter ses billets. Les séances se remplissaient et se vendaient pendant qu’il cliquait. « Au début, c’était impossible d’avoir des billets. C’était une vraie guerre Ticketmaster », raconte-t-il.
Leen Dweik, 29 ans, new-yorkaise elle aussi, ne s’est pas laissé décourager. Les seules places disponibles se trouvaient dans une salle de New Rochelle, à 30 ou 45 minutes de route de la ville. Des places se sont finalement libérées dans un Regal de Times Square, mais ce détail n’a pas vraiment compté pour elle et ses amis, qui ne voulaient pas manquer la séance. « Je n’avais jamais rien vécu en 4DX. Je ne suis pas forcément ravie qu’on m’asperge de choses, dit-elle. Mais si un film valait la peine d’être essayé ainsi, c’était celui-là. »
Surprises et curiosité dans la salle
À Kansas, Tia Burkett, 33 ans, a réuni un groupe d’amis après avoir regardé la bande-annonce en ligne. Elle a été surprise par le sérieux du récit, mais aussi par les mouvements de son siège pendant certaines scènes. « À un moment, je me suis dit : oh mon Dieu, je vais tomber. La première scène de sexe ressemblait vraiment à des montagnes russes, et aucun de nous ne s’y attendait. Je n’ai jamais autant ri de ma vie. »
Karen Turner, 36 ans, qui suivrait n’importe quel film avec Olivia Colman, a acheté son billet pour le Regal L.A. Live, à Los Angeles, poussée par les questions techniques soulevées par l’intrigue. « C’est complètement ridicule, dit-elle. Comment est-on censé avoir des rapports avec un mari en osier ? Ça n’a aucun sens anatomiquement. J’avais donc des questions en entrant. Je voulais voir. »
Molly S., 32 ans, qui a vu le film avec Robert Belpasso, se souvient surtout de l’attention portée à un détail. « Le plus drôle, c’était de voir tout le monde essayer de savoir s’il y aurait une nudité complète ou non. Les rumeurs disaient que la version européenne n’est pas censurée, contrairement à la version américaine. Tout le monde y est allé pour faire du journalisme de terrain. » Robert Belpasso confirme : « Il y avait bien une nudité frontale en osier. » « Très petite, vue de loin », précise Molly. « Eh bien, plutôt grande », ajoute-t-il.
Depuis la pandémie de Covid-19, les salles ont retrouvé leur public, avec un regain d’intérêt pour le 4DX. Ce format ne propose toutefois généralement que des films d’action, misant sur les sensations des combats, des poursuites en voiture ou des cascades. Wicker a engrangé 13 millions de dollars dans le monde, pour un budget de production initial de 10 millions de dollars. Son succès en salles reste donc limité, mais son statut de film culte en ligne, qui n’a fait que croître depuis sa projection en 4DX, suggère une demande que les salles et les réalisateurs auraient sous-estimée.
Gracie D., 26 ans, se dit « très investie » dans les romances mettant en scène des objets dotés de conscience. « Je lis ce genre depuis des années, ce n’est pas nouveau. Il existe des livres sur des portes et des lampes dotées de conscience. J’en ai lu un sur une romance polyamoureuse entre une femme et une paire de Crocs. Ce qui plaît surtout dans Wicker, c’est que c’est absurde et que le film ne se prend pas au sérieux à 100 %. »
Le romantasy, qui mêle romance et éléments fantastiques comme la magie, figure parmi les genres les plus vendus en librairie. Le succès de Wicker au box-office s’inscrit donc dans cette dynamique. Pour Leen Dweik, la force du film tient aussi à son propos : « Dès le départ, Wicker assumait pleinement l’idée d’être bizarre et torride. »