Des couloirs du Bataclan aux procès, le touchant chemin de réhabilitation des otages du 13-Novembre

Chapô :

La série « Des vivants », diffusée sur France 2 à partir de ce lundi, retrace l’histoire de sept otages du Bataclan, kidnappés lors des attentats du 13 novembre 2015. Réalisée par Jean-Xavier de Lestrade, cette production se concentre sur leur amitié et leur parcours vers la reconstruction après cette tragédie.

Des couloirs du Bataclan aux procès, le touchant chemin de réhabilitation des otages du 13-Novembre

Le parcours des « Potages »

Le 13 novembre 2015, Marie, Arnaud, Caroline, Sébastien, Grégory, Stéphane et David ont été retenus en otage pendant plus de deux heures dans un étroit couloir du Bataclan avant d’être libérés par la BRI. Parmi les onze victimes prises en otage, ces sept personnes s’étaient rapprochées au point de former un groupe amical qu’ils ont surnommé les « Potages », une contraction de « potes » et « otages ». La série raconte leur cheminement depuis le Bataclan jusqu’au procès consécutif aux attentats.

Une réalisation délicate

Jean-Xavier de Lestrade, connu pour son travail sur la série « Sambre », est aux commandes de ce projet inédit qui met en lumière le destin d’otages du 13 novembre. Il a déclaré : « Dix ans après, le moment du deuil et du recueillement est passé (.) c’est le moment de se souvenir et de partager ».

Des acteurs engagés

Pour interpréter ces personnages marquants, Benjamin Lavernhe (Comédie-Française), Alix Poisson et Antoine Reinartz, entre autres, ont pris part à l’aventure. Benjamin Lavernhe a partagé son appréhension : « J’ai eu très peur avant de dire oui [.]. On va être le visage des ‘Potages’, mais indirectement de tous ceux concernés [.] C’était très vertigineux ».

Alix Poisson a révélé avoir rencontré Marie avant le tournage : « À la fin je lui ai dit : ‘est-ce qu’il y a quelque chose que tu ne veux pas que je fasse dans le jeu ?’ [.] La seule chose que je te demande […] c’est qu’il y ait des moments avec de l’humour ». Cette rencontre a rassuré les acteurs quant à la sensibilité nécessaire pour aborder cette histoire.

Cadrage authentique

L’histoire commence à minuit trente dans une atmosphère chaotique imbibée par l’effroi d’une soirée tragique. Le récit évoque non seulement leurs réactions variées face au traumatisme – repli sur soi ou énergie débordante -, mais également leurs retrouvailles fréquentes dans un bar pour échanger autour d’un verre.

De Lestrade a insisté pour tourner certaines scènes clé directement au Bataclan. Selon lui : « Il me semblait absolument essentiel qu’on y tourne ». Toutefois, les scènes du huis clos où ils sont retenus en otage ont été réalisées en studio pour garantir un rendu fidèle.

Deux jours supplémentaires ont été consacrés au tournage dans la salle réelle durant le procès avant sa destruction imminente. Une question épineuse fut celle des représentations des terroristes ; De Lestrade a choisi d’afficher leurs visages car selon lui : „ce sont des gens qui ont grandi en France“.

La représentation sensible des événements reste actuelle dix ans après ces faits tragiques frappants encore profondément les esprits français.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.