Des rescapés d'attentats troublés par le tournage de la série « Ça ne me paraît pas sain » sur France 2

Choc et émotion : la série « Des vivants » suscite des réactions mitigées

La nouvelle série de Jean-Xavier de Lestrade, intitulée Des vivantsplonge dans l’univers traumatique des rescapés des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan. Bien que cette fiction, qui s’appuie sur les témoignages d’un groupe de survivants, ait pour but de rendre hommage aux victimes, le choix même de tourner dans la salle où le drame a eu lieu soulève une vive controverse parmi les concernés.

Des rescapés d’attentats troublés par le tournage de la série « Ça ne me paraît pas sain » sur France 2

Une décision contestée par les rescapés

Le réalisateur Jean-Xavier de Lestrade a défendu son choix de filmer au Bataclan. Malgré cela, ce choix est controversé. Arthur Dénouveaux, président de Life for Paris et lui-même rescapé, a déclaré : « Revoir à l’écran les vrais fauteuils rouges du Bataclan, où 90 personnes ont été tuées et 11 prises en otage, a suscité une émotion énorme parmi les gens de Life for Paris ». Il estime qu’il aurait été plus approprié d’opter pour d’autres lieux similaires à Paris afin d’éviter un choc supplémentaire chez ceux qui ont vécu ces événements tragiques. Arthur Dénouveaux ajoute : « Ça brouille la frontière entre fiction et réalité et ça ne me paraît pas sain ».

Des comédiens troublés par leur environnement

Les acteurs ont également fait face à leurs propres dilemmes lors du tournage. Thomas Goldberg (David) avoue avoir fui avec son partenaire pendant le tournage d’une scène cruciale : « On s’échappe au café du coin, et on reste là comme deux enfants». Benjamin Lavernhe (Arnaud) partage ses préoccupations : « Pourquoi il nous demande de jouer dans les mêmes rangées de sièges que celles où ils ont été pris en otage ? Ça me met mal à l’aise ».

Arnaud souligne quant à lui l’importance du cadre pour la performance des comédiens : « Je fais partie de ceux qui ont insisté. On en avait besoin ».

Vers une redéfinition des normes ?

Les débats entourant Des vivants mettent en lumière une préoccupation grandissante concernant la représentation artistique des événements tragiques. Arthur Dénouveaux appelle désormais à établir une séparation stricte entre fiction et documentaire afin d’éviter toute réaction négative tant chez les victimes que chez le public. Selon lui, bien que le Bataclan puisse être un lieu approprié pour des documentaires sur le sujet du 13 novembre, il serait préférable que toutes fictions y soient proscrites.

Cette controverse soulève ainsi des questions cruciales sur la mémoire collective ainsi que le rôle et les responsabilités des artistes lorsqu’ils abordent des thèmes sensibles liés à la souffrance humaine.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.