Le diamant naturel cherche à se refaire une image

Le Natural Diamond Council devient The Diamond Collective. Ce changement de nom, qui retire le mot « naturel », ne relève pas seulement du vocabulaire. Dans un entretien accordé à Paris Match, Amber Pepper présente une stratégie qui vise à replacer le diamant au cœur de la culture et du désir, et pas seulement à défendre la catégorie des diamants naturels face aux synthétiques.

  • Le Natural Diamond Council devient The Diamond Collective pour repositionner le diamant dans la culture et l’émotion.
  • Le nom change : le mot «naturel» est moins mis en avant, mais ses valeurs restent essentielles.
  • L’industrie veut susciter du désir en s’intégrant à la culture et en racontant des histoires, pas seulement en justifiant ses produits.
  • Les diamants sont désormais achetés aussi pour soi, symbolisant une réussite ou un plaisir personnel.

Le diamant naturel cherche à se refaire une image

Reprendre le mot « diamant »

Pour expliquer le choix de ce nouveau nom, Amber Pepper évoque d’abord une ambition stratégique. Selon elle, l’organisation doit se réapproprier le mot « diamant » et assumer pleinement ses objectifs. Créée pour protéger la catégorie des diamants naturels, elle entend désormais unir les forces de l’ensemble de la filière afin d’aider les consommateurs à comprendre ce qui distingue ces pierres des diamants synthétiques. Le mot « naturel », jusqu’ici au centre de la communication, n’est donc pas abandonné sur le fond : il est simplement moins mis en avant dans le nom de l’organisation, au profit d’une identité plus large.

Faire désirer plutôt que justifier

La journaliste de Paris Match demande si l’industrie a trop longtemps cherché à se justifier. Amber Pepper répond que la conversation doit maintenant évoluer. Elle reconnaît que la filière a consacré beaucoup de temps à expliquer et à protéger le diamant, alors qu’il faut aussi rappeler pourquoi il fascine depuis des générations. « La confiance et la transparence sont essentielles, mais les faits seuls ne suffisent pas à susciter le désir. Celui-ci naît des histoires que nous associons aux objets auxquels nous tenons. » Le projet consiste donc à replacer les diamants naturels dans la mode, l’art et la création, afin de leur donner une nouvelle résonance auprès des jeunes générations.

Cette stratégie passe par des créateurs et des personnalités influentes de la scène culturelle, appelés à porter des diamants et à les faire entrer dans les conversations contemporaines. Amber Pepper avance un chiffre pour justifier cette approche : la génération Z représente déjà 23 % de la valeur totale de la demande en diamants naturels, alors qu’elle ne compte que 18 % des consommateurs. Elle ne suppose pas pour autant que tous les jeunes de 25 ans achètent de la même façon. Il s’agit, selon elle, de comprendre où ils découvrent aujourd’hui le luxe et quelles personnalités ils écoutent. « Notre rôle est de gagner en pertinence en participant à la culture, plutôt qu’en nous contentant d’interrompre les conversations pour y imposer notre message. » D’autres initiatives doivent être annoncées prochainement, notamment des programmes internationaux liant le diamant à la mode et destinés à soutenir la prochaine génération de talents.

Acheter un diamant pour soi

Le diamant n’est plus seulement associé aux fiançailles ou aux anniversaires de mariage. Pour Amber Pepper, un achat fait pour soi relève avant tout de l’expression personnelle. Il peut s’agir d’une bague sculpturale, d’une paire de boucles d’oreilles portée au quotidien ou d’un bijou simplement choisi parce qu’on l’aime. Aucune occasion particulière n’est nécessaire pour lui donner du sens.

Les chiffres du rapport The Diamond Report 2026 de De Beers vont dans ce sens. Aux États-Unis, les achats de diamants naturels effectués hors occasions liées au mariage représentent les trois quarts de la demande totale, dont 31 % correspondent à des achats pour soi. Les grandes étapes traditionnelles de la vie gardent leur importance, mais elles ne forment qu’une partie d’un marché bien plus vaste. L’organisation veut accompagner cette évolution en montrant que le diamant peut exprimer une individualité, célébrer une réussite personnelle ou simplement procurer du plaisir.

Face à un acheteur hésitant entre un diamant naturel et un synthétique, la réponse d’Amber Pepper tient en quelques mots : « Comprenez bien ce que vous achetez et choisissez ce qui compte le plus pour vous. » Elle rappelle qu’un diamant naturel est une création de la nature, produite en quantité limitée et formée il y a des milliards d’années. Pour beaucoup d’acheteurs, c’est précisément cette rareté, cette provenance et cette dimension symbolique qui font sa valeur.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.