Ancienne ministre et actuelle adjointe à la mairie de Paris, Dominique Versini publie un livre intitulé « J’ai rêvé d’un monde plus juste », où elle partage son parcours engagé. Dans cet entretien, elle aborde des sujets cruciaux concernant la protection de l’enfance, le Samu social et les défis migratoires en France. Elle appelle à des actions concrètes pour défendre les droits des enfants et protéger les familles vulnérables.
- Dominique Versini est ancienne ministre et adjointe à la mairie de Paris.
- Elle publie un livre intitulé « J'ai rêvé d'un monde plus juste ».
- Elle s'engage pour la protection de l'enfance et le Samu social.
- Elle plaide pour la régularisation des migrants en situation irrégulière.

Dominique Versini évoque l’affaire Bétharram et la protection de l’enfance
Dans le contexte de l’affaire Bétharram, Dominique Versini a souligné que « la révélation de cette affaire s’inscrit dans la lignée des constats du rapport Sauvé sur les abus sexuels dans l’Église ». Selon elle, ce cas illustre un environnement où « les enfants sont pris en otage, victimes de violences physiques, psychologiques et sexuelles », bien qu’il y ait eu des alertes lancées par une enseignante qui a été écartée pour avoir dénoncé ces faits.
Elle insiste sur une vigilance accrue envers les lieux d’accueil pour enfants, notamment les internats. « Je m’efforce d’éduquer les enfants sur leurs droits fondamentaux » déclare-t-elle, précisant que sa mission inclut une sensibilisation aux violences à travers un travail avec la mission des droits de l’enfant.
Le Samu social face à une situation critique pour les familles sans abri
En évoquant le rôle du Samu social, Dominique Versini exprime ses inquiétudes quant à la montée du nombre de familles avec enfants vivant dans la rue depuis 2017. Elle indique que « le Samu social laisse chaque nuit des familles avec des enfants à la rue » en raison de directives restrictives qui ne prennent en considération que certaines situations spécifiques.
Malgré son engagement passé et présent pour aider ces familles, elle déplore un recul au regard des valeurs humanistes initialement promues lors de la création du Samu social en 1993 : « On ne laisse pas des bébés à la rue ! ».
Propositions concrètes pour améliorer le sort des migrants et régulariser leur situation
Pour remédier aux difficultés rencontrées par ces familles vulnérables, Dominique Versini plaide pour une régularisation pragmatique : « À mon sens, il faut oser régulariser les personnes en situation irrégulière ». Elle fait référence positivement aux réformes passées telles que celle opérée sous Nicolas Sarkozy qui visaient à stabiliser certains groupes. Une approche qui lui semble d’autant plus nécessaire aujourd’hui face au tableau alarmant qu’elle décrit.
Elle critique aussi fermement ce qu’elle qualifie d’idée reçue selon laquelle toute régularisation entraînerait un appel d’air migratoire (un argument utilisé souvent contre cela).
La figure politique engagée se souvient du soutien inconditionnel de Jacques Chirac
Dominique Versini lui rend hommage en indiquant que c’est grâce à Jacques Chirac qu’a été créé le Samu Social : « Il a adhéré au projet… sinon nous serions encore restés aux œuvres caritatives ». Ce soutien lui a permis non seulement d’agir mais également d’acquérir une visibilité essentielle pour faire avancer ses idéaux politiques tout en restant fidèle aux valeurs humanistes qui guident son engagement.
Ce bagage personnel imprègne maintenant son action publique comme élue locale.
Les engagements personnels façonnent ses combats actuels
Dominique Versini manifeste un lien fort entre son parcours propre et sa motivation professionnelle : « La précarité vécue durant mon enfance m’a poussée vers l’engagement ». Les luttes menées aujourd’hui naissent directement de ses expériences personnelles marquées par « l’angoisse » liée au manque d’un logement stable lorsqu’elle était jeune.
Avec cette autobiographie personnelle articulée autour du droit fondamental au logement et aux meilleures conditions possibles pour tous est clairement annonciatrice d’un plaidoyer touchant alors même qu’elle considère régulièrement ceux dont elle est responsable auprès du service public aujourd’hui.
Ses mots résonnent avec force face aux crises sociétales contemporaines : « On ne doit pas laisser tomber nos concitoyens parmi lesquels se trouvent tant finissants ».
J’ai rêvé d’un monde plus juste, publié chez Flammarion, est disponible au prix de 21 euros.