La passion du café : Nian Yang-yi, un parcours inattendu
Nian Yang-yi, 34 ans, a quitté une carrière prometteuse d’ingénieur en informatique pour se consacrer à sa nouvelle passion : le café. Bien qu’il gagne beaucoup moins que ses camarades de promotion, il trouve dans cette transformation professionnelle un sens renouvelé et une satisfaction personnelle.
Un choix de carrière influencé par un accident
Diplômé en informatique, Nian a initialement choisi ce domaine pour éviter les interactions sociales. Cependant, après un accident de sport qui lui a causé un décollement de la rétine durant sa troisième année d’université, il s’est vu contraint de changer ses plans. Il devait laisser ses yeux récupérer avant de commencer sa carrière d’ingénieur.
C’est alors qu’il est devenu barista dans un café pendant deux ou trois ans. « Je n’aimais pas le café au début », confie-t-il. Sa motivation était simple : « Laisser mes yeux récupérer ». À son insu, cette étape allait bouleverser sa vie professionnelle.
Une révélation sensorielle
Au fil du temps et grâce aux encouragements de ses collègues qui lui faisaient goûter différentes tasses, Nian a fini par développer une affection profonde pour cette boisson. Cette passion l’a amené à s’interroger sur des questions telles que « Puis-je rendre cela plus précis ? » et « Puis-je décrire ce que j’ai goûté ? » .
Après dix ans passés comme barista où il perfectionnait son art lors d’événements et de dégustations, il a décidé d’évoluer vers une société de négoce de café où il travaille aujourd’hui comme spécialiste du contrôle qualité depuis près de trois ans.
Évolution vers le contrôle qualité
Dans son nouveau rôle, Nian analyse la chaîne d’approvisionnement du café en évaluant les fèves et leurs qualités marchandes. Son salaire est passé à environ 42 000 dollars taïwanais, bien inférieur à celui des ingénieurs informaticiens avec lesquels il compare souvent son parcours. Il confesse toutefois être comblé par son emploi : « Le café m’a changé en tant que personne ».
Ayant obtenu la certification Arabica Q Grader, Nian continue également à faire du bénévolat dans un café communautaire où il partage son expertise tout en bénéficiant des interactions humaines qu’il redoutait autrefois.
Un équilibre précaire entre passion et finances
Bien que reconnaissant l’impact positif du café sur sa vie sociale—il évoque comment ces expériences l’ont aidé à interagir avec autrui—Nian lutte pour équilibrer ses passions et ses réalités financières. Avec des amis gagnant deux ou trois fois plus que lui dans le secteur technologique, il réfléchit régulièrement à l’avenir économique :
« Je me demande si je dois continuer à faire ce que je veux faire ou retourner à un travail plus pratique », dit-il candidement.
Actuellement résident chez ses parents tout en partageant l’hypothèque familiale avec sa sœur (environ 15 000 dollars taïwanais par mois), Nian s’efforce également d’ajouter quelques revenus supplémentaires via des juges concours ou cours liés au café.
Pour lui, le choix semble toujours clair : malgré les sacrifices financiers nécessaires pour poursuivre sa passion pour le café, celle-ci représente une source fondamentale de bonheur et d’épanouissement personnel.
Il conclut : « Si je pouvais recommencer, mon choix ne changerait probablement pas: ce serait toujours le café ».
Ce chemin sinueux illustre parfaitement comment chaque individu peut trouver épanouissement en traversant quand même des voies non conventionnelles pour découvrir leur vraie vocation.