Chapô : Geoffrey Hinton, ancien employé de Google et surnommé le « parrain de l’IA », met en garde contre la menace que représente l’intelligence artificielle pour certains emplois. Lors d’une récente intervention, il a identifié plusieurs professions, notamment dans les centres d’appels et parmi les parajuristes, comme étant en danger à cause de l’émergence croissante de cette technologie.
Les inquiétudes sur l’impact de l’IA sur l’emploi
Geoffrey Hinton, âgé de 77 ans et figure emblématique du domaine de l’intelligence artificielle, exprime ses craintes face à la montée en puissance de cette technologie. Après avoir travaillé chez Google jusqu’en 2023, il se consacre désormais à sensibiliser le public aux dangers potentiels liés à l’IA.

« Si je travaillais dans un centre d’appels, je serais terrifié », déclare-t-il en s’adressant à Steven Bartlett lors du podcast The Diary of a PDG. Il affirme que les métiers des centres d’appels sont déjà touchés par une automatisation croissante : « J’ai récemment lu un article dans l’Atlantique qui a dit qu’il devient déjà difficile pour les diplômés universitaires d’obtenir un emploi. Et une partie de cela peut être que les gens utilisent déjà l’IA pour les emplois qu’ils auraient obtenus ».
Hinton souligne également que si la productivité augmente grâce à ces technologies, cela pourrait nuire aux travailleurs remplacés. Selon lui : « Les personnes qui sont remplacées seront pires, et l’entreprise qui fournit l’IA sera bien mieux que celle qui utilise l’IA ».
Les professions juridiques menacées
Un autre domaine où Hinton voit des risques est celui des parajuristes, dont le rôle consiste notamment à assister les avocats dans leurs tâches quotidiennes. Il prédit que ce type de métier pourrait bientôt ne plus exister : « Très long » serait le délai avant qu’ils ne deviennent obsolètes ; il évoque par ailleurs un risque accru d’inégalité économique associé à cette évolution.
Hinton n’hésite pas non plus à pointer du doigt le potentiel biais inhérent aux intelligences artificielles formées avec une intention malveillante. Lors d’une conférence en 2023, il a déclaré : « L’IA formée par de bonnes personnes aura un parti pris envers le bien ; tandis que celle formée par mauvaises personnes… aura un parti pris envers le mauvais ». Cela inclut même la possibilité inacceptable selon lui d’utiliser des robots pour la guerre.
Les métiers résilients face au progrès technologique
Malgré ses préoccupations concernant divers secteurs professionnels menacés par l’automatisation avancée, Hinton identifie certaines carrières comme étant relativement sécurisées. La plomberie est mise en avant comme une profession où la machine ne pourra pas encore égaler les compétences humaines. Il explique : « En attendant… ça va prendre longtemps avant que ce soit aussi bon dans la manipulation physique que nous». Son message encourage ceux qui envisagent leur carrière à considérer cette voie.
La discussion autour des implications éthiques et économiques générées par ces nouvelles technologies trouve écho auprès d’autres figures notables telles que Stephen Hawking ou Bill Gates ».
Alors qu’un débat intense se développe autour du futur du travail avec ces innovations technologiques rapides provenant du secteur numérique et industriel, ces alertes soulignent clairement une nécessité cruciale : celle d’une réflexion collective sur comment préparer nos sociétés aux transformations professionnelles induites par l’intelligence artificielle.