Choisir les meilleurs films d’horreur de tous les temps relève du casse-tête, tant les goûts diffèrent et le genre a connu de nombreuses évolutions au fil des décennies. Quatre longs-métrages sont pourtant difficiles à écarter d’une telle liste, en raison de leur succès et de l’influence qu’ils exercent encore sur le cinéma. Classés de la quatrième à la première place, ils forment le « Mount Rushmore » de l’épouvante.

Un tueur masqué et une adolescente en danger
Le classement commence par Halloween, réalisé par John Carpenter. Sorti dans les années 70, le film suit Laurie Strode, interprétée par Jamie Lee Curtis, une adolescente qui devient la cible de Michael Myers, incarné par Nick Castle, après que le tueur s’est échappé d’un établissement psychiatrique et est revenu dans sa ville natale. L’intrigue reste simple, presque un slasher classique, mais le film a contribué à installer un nouveau style : il n’est pas nécessaire de tout expliquer sur Michael ni d’enchaîner les meurtres pour tenir le public en haleine. Parfois, la simple possibilité qu’il surgisse suffit.
Le jeu de Jamie Lee Curtis compte aussi, car son personnage doit trouver mille moyens de survivre quand tout tourne mal. Plus de cinq décennies après sa sortie, le film ne fait peut-être plus autant peur qu’autrefois, mais voir Michael à l’écran procure toujours un certain malaise.
En troisième position figure The Exorcist. Regan MacNeil, une fillette de 12 ans interprétée par Linda Blair, adopte un comportement si inquiétant que sa mère, Chris, jouée par Ellen Burstyn, consulte d’abord des médecins, avant de se tourner vers deux prêtres qui pensent que la jeune fille est possédée. Le film prend son temps pour explorer ce qui se passe réellement, et c’est là que réside, selon l’article, une grande partie de son efficacité. L’angoisse vient aussi d’une mère qui cherche des réponses, alors que ceux censés aider sa fille ne savent pas quoi faire.
Sorti dans les années 70, à une époque où le film d’horreur suscitait encore des réticences chez les critiques, le long-métrage a obtenu 10 nominations aux Oscars. Il a ouvert la voie à des œuvres comme The Rite, Ouija: Origin of Evil, The Conjuring ou Late Night with the Devil.
Des morts-vivants et un huis clos psychologique
À la deuxième place se trouve Night of the Living Dead, signé George A. Romero. Un groupe de personnes se réfugie dans une maison alors que les morts-vivants commencent à l’encercler. Les survivants doivent rester en vie, mais leurs désaccords aggravent la situation : la peur transforme aussi des gens ordinaires en obstacles les uns pour les autres. Si vous avez regardé The Walking Dead, vous connaissez ce schéma.
Sorti dans les années 60, le film proposait une dimension de commentaire social, ce qui était novateur à l’époque. Romero a aussi contribué à façonner l’image des zombies dans la culture populaire. Malgré un budget modeste et un tournage en noir et blanc, le long-métrage tire parti de ces contraintes pour produire un effet dérangeant.
Le classement se termine par Psycho, d’Alfred Hitchcock. L’histoire débute avec Marion Crane, une secrétaire qui vole de l’argent et prend la fuite, jusqu’à un motel isolé tenu par Norman Bates, interprété par Anthony Perkins, un homme en apparence poli qui vit avec sa mère. Le film n’a besoin d’aucun élément surnaturel pour inquiéter : un être humain suffit. Le spectateur, qui se laisse porter par une situation familière, est pris de court lorsque les rebondissements bouleversent sa compréhension de l’histoire.
La fameuse scène de la douche reste l’exemple le plus marquant, selon l’article, en raison de son montage et de sa bande sonore, qui sont encore étudiés et imités aujourd’hui. L’interprétation de Perkins mérite également d’être saluée. Psycho a ainsi contribué à ouvrir la voie au film d’horreur psychologique.