Des découvertes archéologiques inattendues à Vienne révèlent des secrets sur l’époque romaine. Une tombe datant d’environ 2000 ans témoigne d’une défaite militaire romaine contre les tribus germaniques. Cette découverte offre un aperçu unique de la vie des soldats et des conséquences de cette bataille.
- Une fosse commune romaine a été découverte sous un terrain de football à Vienne.
- Elle date probablement de l'époque où l'Empire romain affrontait les tribus germaniques, il y a 2000 ans.
- Les restes humains retrouvés, non brûlés, sont datés entre 80 et 234 après JC.
- Cette découverte offre un aperçu unique du mode de vie et des expériences militaires des soldats romains.

Une tombe romaine révélée sous un terrain de football à Vienne, datant probablement d’une époque où l’Empire romain affrontait les tribus germaniques, il y a près de 2000 ans, a été mise au jour sous un terrain de football dans un quartier de Vienne, près du Danube. La découverte, réalisée en octobre lors de travaux de rénovation par une entreprise de construction, a été confirmée par le musée local. Cette tombe fait état d’un « événement militaire catastrophique », impliquant une possible défaite cuisante des troupes romaines qui se seraient ensuite repliées rapidement.
Des éléments matériels confirment la datation entre 80 et 234 après JC. La datation au radiocarbone a permis d’identifier l’époque des restes humains retrouvés dans la sépulture entre 80 et 234 après JC, période marquée par les règnes variés d’au moins douze empereurs, dont Domitien et Trajan. L’analyse d’un poignard en fer, des points de lance et même la pièce d’un casque a conforté cette datation. Les squelettes ont également livré un indice majeur : la présence d’onyx issus des « Caligae », ces célèbres sandales militaires romaines. L’absence fréquente de restes humains non brûlés à cette époque rend cette découverte particulièrement précieuse selon les experts.
Un aperçu rare sur le mode de vie des soldats romains. « Pour toute l’Europe centrale depuis le premier siècle, nous n’avons pas eu accès à ces restes humains non brûlés », explique Michaela Binder, anthropologue principale du projet. Elle souligne que cet exemple présente une opportunité unique pour comprendre le quotidien des soldats ainsi que leurs expériences militaires. Le traitement rituel associé aux sépultures militaires et leur crémation associée jusqu’au IIIe siècle font que ce type de découverte est exceptionnellement rare.
Des indices évoquent une rencontre violente avec les Germains. Martin Mosser, archéologue urbain à Vienne ayant travaillé sur le site, partage son sentiment face au contexte historique fourni par ces découvertes : « La nature indigne du lieu ainsi que les blessures mortelles trouvées suggèrent un affrontement militaire désastreux suivi éventuellement d’une retraite rapide ». Ce constat fait écho aux récits historiques concernant les conflits entre Romains et Germains à la fin du premier siècle sur les frontières impériales. Les corps retrouvés pourraient soulever la question fondamentale sur l’histoire régionale naissante autour du site actuel moderne qu’est Vienne.
L’analyse continue pourrait enrichir notre connaissance historique. Jusqu’à présent, les archéologues ont identifié au moins 129 personnes, mais ce chiffre pourrait grimper à plus de 150 car certains os étaient mêlés. Tous paraissent être des hommes jeunes âgés principalement entre 20 et 30 ans, souvent marqués par des blessures graves indiquant qu’ils sont morts au combat plutôt qu’exécutés. David Potter, professeur spécialiste en histoire grecque et romaine mais non engagé dans cette recherche, déclare : « Ce cas reflète sans doute une autre défaite romaine ». Il cite également comment ces corps rappellent ceux enterrés suite aux désastres subis lors de battues antérieures telles que celle forestière avec Teutoburg en 9 après JC. Enfin, Martin Mosser conclut avec réflexion personnelle : « On pense inévitablement aux guerres horribles passées tout comme celles qui sont encore présentes aujourd’hui » soulignant ainsi le caractère cyclique tragique célèbre dans notre histoire humaine collective.