« Frankenstein conquiert le monde » : Un film kaiju singulier
Le film « Frankenstein conquiert le monde », sorti au Japon sous le titre « Frankenstein contre Baragon », est une adaptation qui s’éloigne fortement du roman de Mary Shelley tout en s’inscrivant dans la tradition cinématographique kaiju. Réalisé par Toho, il met en vedette des éléments fantastiques et un scénario surprenant, débutant avec un contexte historique marquant.

Un début audacieux
L’intrigue débute à la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque des officiers nazis dérobent le cœur du monstre de Frankenstein, qu’ils confient à la marine japonaise. Ce cœur sera soumis à des expériences, notamment durant l’attaque nucléaire d’Hiroshima par l’Enola Gay. Quinze ans plus tard, nous découvrons un jeune garçon sauvage capable de résister aux radiations.
Les protagonistes principaux sont Dr James Bowen (interprété par Nick Adams), accompagné des docteurs Sueko Togami (Kumi Mizuno) et Yuzo Kawaji (Tadao Takashima). Ils rencontrent ce garçon après que des villageois l’aient trouvé coincé dans une grotte.
Émergence d’un monstre
Alors que les médecins réalisent rapidement que ce jeune homme serait issu du cœur volé, il commence à grandir et prend finalement le nom de « Frankenstein ». Lorsqu’il s’échappe de sa cage après avoir perdu une main qui se déplace de manière autonome, son histoire devient davantage chaotique.
Simultanément, un autre monstre fait surface : Baragon, identifié comme celui qui attaque les villages autour du territoire où Frankenstein règne désormais.
Affrontement entre monstres
L’officier Kawai explique aux médecins que les destructions résultent probablement des attaques de Baragon plutôt que celles commises par Frankenstein lui-même. Malgré leurs réserves initiales, les médecins doivent naviguer entre leur recherche scientifique et la menace immédiate posée par ces deux créatures colossales. Finalement, lors d’une confrontation explosive entre Baragon et Frankenstein, les deux créatures semblent disparaître dans une ouverture terrestre.
Une suite peu mémorable
Un an après la sortie originale, une suite intitulée « La Guerre des Gargantuas » a été produite mais n’a pas atteint le même niveau d’impact. Elle présente deux créatures inspirées du premier film : Gaira (un clone maléfique) et Sanda (la version bienveillante). Les acteurs avaient changé mais l’essentiel était toujours présent – une aventure bizarre au milieu de combats titanesques entre monstres classiques.
Ces films montrent comment l’univers de Toho a su décliner le mythe original de Shelley en y ajoutant sa propre touche ludique et parfois absurde.
Expérimenter cette vision unique permet aux fans non seulement d’explorer l’héritage culturel complexe derrière Frankenstein, mais également d’apprécier la façon dont différentes cultures interprètent ce classique littéraire sous diverses formes cinématographiques.