Guillermo del Toro réinvente Frankenstein : deux modifications clés revitalisent le récit

Guillermo del Toro réinvente un classique avec son adaptation de Frankenstein

Guillermo del Toro a enfin donné vie à son projet cinématographique de Frankensteinaprès 18 ans de développement. Sa vision, fidèle au roman de Mary Shelley, introduit des modifications significatives qui enrichissent l’histoire originale, tout en proposant une interprétation plus tragique du drame humain.

Guillermo del Toro réinvente Frankenstein : deux modifications clés revitalisent le récit

Des changements dans la vie amoureuse du Dr Frankenstein

Dans cette nouvelle adaptation, Del Toro modifie le rôle d’Elizabeth, traditionnellement présentée comme la fiancée puis femme du Dr Victor Frankenstein. Dans cette version, Elizabeth (interprétée par Mia Goth) est éprise de William (joué par Felix Kammerer), le frère de Victor. Bien que Victor éprouve un amour non partagé pour Elizabeth, elle désire plutôt William et méprise les traits charismatiques associés à Victor.

Un tournant dramatique se produit lorsqu’une confrontation entre Victor et la Créature révèle des conséquences mortelles : après avoir refusé de créer une compagne pour la Créature, Victor tire accidentellement sur Elizabeth lors du mariage de son frère. Ce changement ajoute une dimension tragique à l’intrigue, soulignant le sens d’isolement partagé entre Victor et sa création.

Une fin réinventée

La conclusion du film diffère également radicalement des précédentes adaptations. Dans le roman original où l’histoire se termine sur un navire coincé dans les glaces, c’est ici que Del Toro redonne vie à cet élément tout en renversant les rôles narratifs traditionnels. Plutôt que d’être voué à raconter ses mésaventures aux marins après sa mort, c’est la Créature qui prend la parole pour raconter son histoire au vivant bien-aimé qu’il honore encore.

À travers ce changement crucial, où Victor tente maintenant disculper ses actions cruelles envers sa création, celle-ci étant perçue comme une victime, Del Toro sublime ainsi leur dynamique complexe. Au lieu d’une créature uniquement motivée par la rage et le ressentiment, comme souvent dépeinte, Del Toro permet au public d’éprouver une compassion considérable envers elle.

Le film clôt donc son récit sur une note émotionnelle escaladante où absolution et compréhension mutuelle semblent possibles avant la mort tragique de Victor,

En mettant l’accent sur ces thèmes humains profonds avec des personnages riches en nuances morales, Guillermo del Toro livre ainsi une œuvre poignante qui marque durablement une réparation suggestive mais nécessaire dans l’univers littéraire intemporel de Mary Shelley.