Frankenstein de Guillermo del Toro : Une adaptation audacieuse et humaine du classique
- Le film commence avec un capitaine, une référence à l'ouverture du roman.
- Il modifie le passé et les relations des personnages, notamment Elizabeth et Henry.
- La créature est plus empathique, agissant par réaction plutôt que par vengeance pure.
- Del Toro humanise Victor et la créature, soulignant leur souffrance mutuelle et complexité émotionnelle.

La dernière œuvre de Guillermo del Toro, « Frankenstein » , propose une relecture fascinante du roman emblématique de Mary Shelley. En s’éloignant des tropes traditionnels des films d’horreur, la production de Netflix illustre la complexité émotionnelle des personnages et présente des changements narratifs significatifs qui enrichissent l’intrigue.
Un début inattendu avec le capitaine
Le film débute avec un capitaine de navire, qui, au lieu de Victor Frankenstein ou de sa créature, tente désespérément d’extraire son bateau d’un piégeage glacé. Ce choix fait écho à l’ouverture originale du livre, où c’est Robert Walton qui envoie des lettres à sa sœur. Dans cette adaptation, le personnage est rebaptisé capitaine Anderson, mais les deux navires se retrouvent coincés dans la glace, découvrant finalement Victor dans un état désespéré.
Des modifications marquantes
Del Toro consacre une part importante du film à l’enfance et aux traumatismes passés de Frankenstein. Alors que le roman présente Victor suggérant un ami nommé Henry, le film introduit plutôt Henrich Harlander, l’oncle d’Elizabeth, dont les motivations cachées ajoutent une nouvelle dimension au récit. De plus, Elizabeth elle-même évolue : au lieu d’être la fiancée dévouée de Victor, elle se prépare à épouser son frère William tout en méprisant Victor pour ses obsessions.
Une créature plus empathique
Dans le roman original, la Créature devient meurtrière par vengeance envers Victor pour son abandon. En revanche, dans cette version cinématographique, elle agit principalement en réponse aux menaces pesant sur elle et ceux qu’elle aime. Le film offre une vision nuancée où Victor est responsable d’innombrables tragédies – notamment celle de sa fiancée Elizabeth -, soulignant ainsi la véritable nature destructrice résidant chez lui plutôt que chez sa création.
L’histoire racontée par la créature
Le tournant majeur intervient lorsque la Créature raconte son histoire au capitaine alors que Victor s’adresse également à ce dernier. Bien que cela modifie légèrement le schéma traditionnel où ils interagissent directement entre eux dans le livre lors d’une demande crucialement humaine (la recherche d’une compagne), cela confère davantage de profondeur aux motivations respectives des personnages.
Une sympathie renouvelée pour la créature
Del Toro maintient que malgré les meurtres commis par la Créature – souvent excusables par provocation -, c’est bien Victor qui incarne ici le véritable monstre. La fin poignante révèle même une dynamique touchante entre eux lorsqu’ils échangent leurs vérités juste avant death : « Victor a finalement compris… il a demandé pardon ».
Ainsi, cette adaptation réussie dévoile non seulement les thèmes chers à Mary Shelley tout en redéfinissant ces figures classiques
En offrant une perspective plus humanisée sur les deux protagonistes principaux et en explorant leur souffrance mutuelle avec délicatesse et nuance, Guillermo del Toro nous rappelle que derrière chaque monstrosité apparente se cache souvent une tragédie inexplorée. Cette version résonne profondément dans un monde contemporain toujours prêt à juger rapidement l’apparence ou les actes sans chercher à comprendre leurs origines profondes.