Chapô
Le 18 octobre 2024, le roi Carl XVI Gustaf et la reine Silvia de Suède étaient présents à l’Opéra royal de Stockholm pour applaudir la première mondiale du ballet « Gustavia ». Cette œuvre, mettant en lumière l’histoire de Gustav Badin Couschi, un jeune esclave noir élevé par la cour suédoise au XVIIIe siècle, a rencontré un franc succès. En 2025, elle revient sur scène avec une captation diffusée sur France 4.

Le parcours extraordinaire de Gustav Badin
La première mondiale du ballet « Gustavia » s’est tenue le 18 octobre 2024 à l’Opéra royal de Stockholm. Sous la direction du danseur étoile Guillaume Diop et du Ballet royal suédois dirigé par Nicolas Le Riche, cette création choregraphique raconte le destin exceptionnel de Gustav Badin Couschi. Ce dernier est né vers 1747 en Afrique et est arrivé en Suède dans les années 1750, après avoir été offert à Louisa Ulrika, reine consort de Suède. Selon sa biographie tirée du « Svenskt biografiskt lexikon », il a été donné lors d’un cadeau par le gouverneur Anders von Reiser.
L’éducation atypique à la cour royale
Badin fut éduqué par Louisa Ulrika selon des principes rousseauistes avant d’être baptisé en 1768 sous le nom officiel d’Adolf Ludvig Gustav Fredrik Albert. Bien qu’officiellement valet de cour, il était élevé aux côtés des enfants royaux et pouvait se permettre une certaine liberté qui détonait avec les conventions. Le baron Fredrik Sparre rapporta que Badin appelait souvent le prince héritier « Gustav, espèce de vaurien ! », ce qui choquait certains au sein de la cour. Néanmoins, malgré son comportement provocateur lors des repas – où il déambulait entre les plats – il avait le soutien indéfectible de Louisa Ulrika.
Un loyal servant devenu figure importante
« Badin s’attacha profondément à la famille royale et se distingua toujours par sa loyauté et sa fiabilité», peut-on lire dans ses mémoires biographiques. Il resta au service de Louisa Ulrika jusqu’à sa mort en 1782, devenant ensuite chambellan pour sa demi-sœur Sofia Albertina.
Gustav Badin est également reconnu comme un personnage marquant dans l’histoire sociale suédoise ainsi qu’un membre influent des francs-maçons à Stockholm. Il est décédé le 18 mars 1822, sans jamais perdre son originalité tout au long de sa vie.
Hommage commémoratif deux siècles plus tard
La princesse héritière Victoria était présente lors d’une cérémonie commémorative au cimetière Katarina à Stockholm le 9 octobre 2023 où une stèle honorant Gustav Badin a été inaugurée par l’Organisation nationale des Afro-Suédois avec l’administration locale des cimetières.
En somme, cet hommage souligne non seulement son importance historique mais aussi celle des contributions africaines au patrimoine culturel suédois contemporain.