Chapô :
- L'intelligence artificielle détecte rapidement les départs de feu grâce à des caméras innovantes.
- Ces systèmes permettent une surveillance précise et en temps réel sur de vastes zones forestières.
- Ils contribuent à la prévention, notamment en évitant les fausses alertes dues aux conditions météorologiques.
- Les technologies évoluent vers des applications sur drones et satellites pour une efficacité accrue.

L’intelligence artificielle se déploie pour lutter contre les incendies, tant en France qu’en Nouvelle-Calédonie. De nouvelles caméras intelligentes, capables de détecter des départs de feu à grande distance, offrent un réseau de surveillance renforcé pour les pompiers.
Une innovation sur le mont Chauve
Sur le mont Chauve, situé à 870 mètres d’altitude au-dessus de Nice, une caméra innovante surveille l’horizon. Équipée de deux grands globes rotatifs ressemblant aux yeux d’un robot, cet appareil a été mis en place dans le cadre du plan d’action lancé par la ville de Nice en 2023 afin de mieux prévenir les incendies sur son territoire.
Capable de repérer un départ de feu à plus de 12 kilomètres, cette caméra a déjà identifié 14 incendies et plusieurs écobuages. Frank Carette, chef produit chez Hikvision Europe, déclare : « Elle patrouille à 360 degrés en permanence. Elle a deux yeux : un œil visible et un œil thermique ». Le système fonctionne nuit et jour et est directement relié au centre de supervision urbain.
Lorsqu’un foyer est détecté, les images sont immédiatement envoyées aux opérateurs qui décident du déclenchement des interventions avec les pompiers. L’intelligence artificielle joue ici un rôle crucial : elle permet non seulement d’identifier des flammes réelles mais aussi d’éviter les fausses alertes dues aux conditions météorologiques comme le brouillard ou la présence nuageuse.
Un système ambitieux
La caméra contrôle une zone allant jusqu’à 70 km², avec un zoom optique x100 permettant une précision accrue. Elle est capable d’identifier des feux mesurant seulement deux mètres sur deux en moins de trois minutes. Couverte par cette technologie sont plusieurs communes du secteur tels que Nice, Carros et Gattières. En raison du succès rencontré, la ville envisage même l’installation d’une seconde caméra.
Des défis écologiques en Nouvelle-Calédonie
À des milliers de kilomètres notamment en Nouvelle-Calédonie où chaque année entre 20 000 et 50 000 hectares brûlent, soit l’équivalent des surfaces perdues en France métropolitaine, Jean-Simon Chaudier a développé une solution similaire via FireTracking. Il commente : « Lors de l’une de mes missions… il y avait entre 20 000 et 50 000 hectares qui brûlaient chaque année ». Son projet utilise également des caméras haut perchées ayant une portée jusqu’à 20 kilomètres pour détecter rapidement émanations nocives grâce à l’IA.
Son équipe a conçu un prototype basé sur des algorithmes performants utilisant des réseaux neuronaux pour analyser rapidement la présence éventuelle de fumées dans les forêts menacées.
Expansion technologique
Fort du succès initial rencontré en Nouvelle-Calédonie, Chaudier a élargi son dispositif vers l’Indre-et-Loire où un consortium installe actuellement un réseau intelligent couvrant environ 95% des massifs forestiers locaux. Les services départementaux d’incendie peuvent quant à eux localiser précisément tout départ potentiel « en moins de 3 minutes après le départ du feu ».
De plus, selon une étude publiée dans Scientific Reports prévoyant leur application future dès 2025, ces technologies basées sur l’apprentissage profond promettent encore plus d’efficacité notamment via intégration possible sur drones ou satellites. »
Ces initiatives illustrent comment le développement technologique peut jouer un rôle majeur dans la lutte contre les incendies tout en contribuant positivement au maintien écologique essentiel face aux changements climatiques actuels.