Alors que la volatilité des marchés financiers atteint des niveaux sans précédent, certains investisseurs choisissent de conserver leurs liquidités plutôt que d’acheter en période de baisse. Angelo Sibilio et Matt White illustrent cette tendance en augmentant leur allocation en espèces, une décision qu’ils considèrent comme stratégique au milieu des incertitudes économiques.

- Deux investisseurs ont vendu leurs actions en raison de l'incertitude liée à Trump.
- Angelo Sibilio a augmenté son allocation en espèces après la hausse des tarifs douaniers de Trump.
- Matt White a vendu des actions pour éviter des événements imposables et prévoit une baisse du marché.
- Ces investisseurs voient leur approche comme prudente malgré les avis des experts qui recommandent d'avoir des actifs sur le marché.
La stratégie de l’argent liquide
Angelo Sibilio, analyste quantitatif de 35 ans, a pris ses distances avec le marché après avoir ressenti de l’inquiétude concernant la rhétorique tarifaire du président Donald Trump. Il a réagi le 4 avril 2025, deux jours après l’annonce par Trump de ses tarifs douaniers qui ont fait chuter le S&P 500 d’environ 12% en une semaine. « Je ne peux pas encaisser mon 401(k), alors je suis allé avec un indice du Trésor », explique-t-il. Sibilio a déplacé 50% de son portefeuille dans des obligations d’État et a investi dans un fonds du marché monétaire. Bien que le marché ait depuis récupéré certaines pertes, il estime : « Ne pas avoir à traverser quelques semaines où tout allait en enfer m’a donné plus de tranquillité d’esprit ».
Matt White, épidémiologiste âgé de 33 ans, partage un sentiment similaire face à la volatilité du marché et a également accru sa position en cash. Il déclare avoir vendu environ 30 000 $ juste avant un discours prononcé par Trump pour éviter les événements imposables associés à son Roth IRA. Selon lui, une part importante du secteur technologique reste surévaluée : « Je m’attends toujours à ce que le marché baisse », ajoute-t-il.
Une réponse rationnelle ou irrationnelle ?
Sibilio et White ne considèrent pas leur approche comme une fuite désespérée ; ils voient plutôt cette démarche comme prudente face aux fluctuations économiques liées à la guerre commerciale. L’augmentation des allocations liquides leur permet également d’être prêts pour une éventuelle vente dans le cas où les marchés chuteraient davantage.
Des experts mettent cependant en garde contre cette approche défensive pour ceux ayant un horizon d’investissement long terme. Ashley Weeks, stratège chez TD Wealth, souligne qu’« il est préférable d’avoir des actifs sur le marché » car cela évite aux investisseurs de rater potentiellement les rebonds lorsque les marchés se stabilisent.
White reconnaît cette réalité mais note qu’il est essentiel d’évaluer mieux les risques actuels sur le marché volatile : « Il sera toujours préférable d’avoir la propriété sur le marché que de porter de l’argent », explique-t-il.
Méfiance envers Wall Street
Ces hésitations s’expriment également par une certaine méfiance envers Wall Street. Sibilio indique qu’il n’est pas pressé de réinvestir tant qu’il n’y a pas plus de certitude dans la politique économique actuelle : « Je cherche tout d’abord plus de certitude dans la politique ainsi que le sentiment commercial et des consommateurs ».
White préfère maintenir sa liquidité pour se prémunir contre l’éventualité mauvaise directionnée du marché.
Le choix croissant pour l’argent liquide parmi certains investisseurs illustre non seulement leurs préoccupations individuelles mais également une dynamique plus large autour des incertitudes économiques persistantes au sein des marchés mondiaux contemporains.