La lutte contre l'inflation en Russie porte ses fruits, mais entraîne une baisse de la croissance économique.

Chapô :

Le président russe Vladimir Poutine a affirmé que le Kremlin ne ferait pas de concessions pour permettre le retour des entreprises occidentales en Russie. Alors que l’inflation diminue, la croissance économique s’effrite, entraînant des défis majeurs pour la Russie, dont une contraction significative de l’activité manufacturière.

La lutte contre l’inflation en Russie porte ses fruits, mais entraîne une baisse de la croissance économique

La réduction de l’inflation met à jour les défis économiques

La Russie parvient à contrôler son inflation, qui a diminué de 8,2% au premier trimestre à 4,8% au deuxième trimestre. Cette situation a conduit la Banque centrale russe à réduire son taux d’intérêt clé de 20% à 18%. Dans ce contexte, elle déclare : « L’économie continue de revenir sur une voie de croissance équilibrée », bien que cet énoncé soit qualifié par Alexander Kolyandr du Center for European Policy Analysis comme un « euphémisme pour la croissance anémique ».

Pour cette année, la Banque centrale prévoit une augmentation du PIB entre 1% et 2%, tandis que le Fonds monétaire international (FMI) table sur une prévision plus modeste de 0,9%. Le taux d’intérêt clé devrait rester élevé cette année, avec une moyenne comprise entre 18,8% et 19,6%, puis chutant entre 12% et 13% l’année prochaine.

Ces taux élevés ont contribué à ralentir les hausses des prix mais ont également alourdi le coût des emprunts et réduit la demande commerciale. Malgré cela, grâce aux dépenses militaires importantes et aux recettes générées par ses exportations pétrolières et gazières suite aux sanctions occidentales après l’invasion de l’Ukraine, l’économie russe réussit temporairement à tenir bon.

Contraction du secteur manufacturier

Le produit intérieur brut (PIB) n’a connu qu’une hausse limitrophe de 1,4% au premier trimestre, signalant un ralentissement par rapport au précédent. En juillet dernier, les chiffres du secteur manufacturier montrent sa plus forte contraction enregistrée en trois ans selon S&P Global : « La faible demande des clients et les difficultés financières des clients pesaient sur la production et les nouvelles commandes ». De plus, la confiance dans le secteur est tombée à son niveau le plus bas depuis trois ans.

Cette contraction suggère un essoufflement possible dynamique dans l’économie en temps de guerre en Russie. Kolyandr note : « Pour le Kremlin, une brève période de faible croissance est tolérable ; toutefois combinée avec des prix du pétrole inférieurs pourrait réduire considérablement les revenus budgétaires ».

À présent confrontée à cette dualité complexe, maintenir sous contrôle l’inflation tout en évitant un ralentissement sévère, la banque centrale doit naviguer prudemment. La poursuite des dépenses militaires pourrait relancer davantage d’inflation alors qu’un assouplissement pourrait aggraver les faiblesses économiques déjà présentes due au manque d’engagements étrangers.

Pressions extérieures supplémentaires

En parallèle aux enjeux internes rusés décrits ci-dessus se considère aussi les pressions internationales comme celles exercées récemment par Donald Trump qui indique vouloir imposer davantage pénalités économiques contre Moscou incluant des tarifs secondaires sur divers produits industriels achetés auprès d’autres nations partenaires commercialement liées avec elle.

L’avenir économique immédiat semble incertain alors que ces multiples facteurs intérieurs comme extérieurs continuent d’interagir dans un environnement international déjà fortement tendu.

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