Grève illimitée chez Starbucks : Les baristas réclament des négociations contractuelles

Les baristas de Starbucks ont déclenché jeudi une grève illimitée, perturbant la traditionnelle journée de promotions « Red Cup Day » qui attire habituellement un grand nombre de clients. Plus d’un millier de travailleurs, représentant plus de 65 magasins dans 40 villes américaines, n’ont pas hésité à quitter leur poste pour exiger des avancées dans les négociations autour de leur convention collective.
Cette grève est le quatrième arrêt de travail depuis l’arrivée à la tête de l’entreprise du PDG Brian Niccol en septembre 2024. En effet, les employés soutiennent qu’ils souhaitent finaliser leur premier contrat depuis que le processus d’organisation a débuté avec l’ouverture du premier magasin syndiqué en décembre 2021. Pour cela, ils se font entendre lors d’une période où Starbucks connaît une restauration massive avec des augmentations importantes des visites quotidiennes – par exemple, celle du Red Cup Day en 2024 a entraîné une hausse de 42,4% par rapport à un jeudi moyen.
En raison du climat tendu entre la direction et le syndicat Starbucks Workers United, ce dernier indique que plus de 550 magasins supplémentaires pourraient rejoindre cette grève si les pourparlers ne reprennent pas rapidement. Le porte-parole de Starbucks avait précédemment déclaré que moins d’1% des magasins étaient impactés par ces perturbations mais la situation semble évoluer vers un conflit plus large au sein du personnel.
Le renouvellement contractuel devient urgent après plusieurs tentatives infructueuses pour parvenir à un accord depuis décembre dernier. Les deux parties s’accusent mutuellement d’entraver les discussions : « Workers United a choisi de se retirer des négociations, pas Starbucks » , a affirmé un représentant au mois d’octobre.
Les baristas cherchent également à adresser plus de 700 violations présumées concernant les pratiques laborales au sein des magasins. Cette escalade survient alors que Starbucks vient tout juste d’être visible sur le devant médiatique suite à son programme ambitieux doté d’un budget d’un milliard de dollars visant à redynamiser la chaîne avec des fermetures massives et résultant en licenciements significatifs.
Cathy Creighton, désormais directeur aux relations industrielles et travail à l’Université Cornell, souligne que beaucoup y voient une opportunité pour inciter davantage ceux qui désirent rejoindre le syndicat compte tenu du risque accru associé aux actions collectives actuelles: « Les travailleurs doivent faire quelque chose sinon ils perdront l’élan ».
Dans ce contexte délicat, certains actionnaires commencent également à s’inquiéter de l’état interne au sein même du leadership tels que les préoccupations exprimées par plus de 100 sénateurs et représentants américains, incluant Bernie Sanders; ces derniers requièrent une révision radicale face aux dépenses jugées excessives relatives aux dirigeants tout en insistant sur un besoin urgent pour conclure un accord équitable.
Alors que la pression monte tant parmi le personnel laborieux qu’auprès des investisseurs affectés par une baisse significative (-5%) au cours cette année ainsi qu’une progression timide (+1%) notée lors du dernier trimètre financier mondialement dévoilé fin octobre,cette situation reflète une complexité croissante portante sur l’image publique ainsi que sur les futures perspectives économiques qui repose désormais encore davantage entre les mains décisionnelles chez Starbucks.