Des millions d’Américains se sont rendus aux urnes mardi pour des élections de mi-mandat présentées comme un référendum sur Donald Trump. L’opposition démocrate espère reprendre la majorité au Congrès, afin de tenter de brider le président pour les deux dernières années de son mandat.

En fin d’après-midi, la Maison Blanche a estimé que le président « s’est donné à fond sur le terrain et il a fait tout ce qu’il fallait », assurant que les républicains étaient « en meilleure position qu’il y a quatre semaines ». De son côté, le chef des députés démocrates, Hakeem Jeffries, s’est lui aussi montré optimiste. « Nous sommes au bord d’un changement de cap radical dans ce pays », a-t-il déclaré devant la presse à Washington.
Le président républicain, âgé de 80 ans, dont la cote de popularité a chuté, a mené une campagne âpre, en prédisant des conséquences apocalyptiques en cas de victoire démocrate. Cette bataille, suivie comme un feuilleton planétaire, doit déterminer si les électeurs sanctionneront Donald Trump dans la première économie mondiale. Les 250 millions d’électeurs potentiels vont-ils lui faire payer la hausse du coût de la vie, aggravée par la guerre contre l’Iran qu’ils n’ont pas demandée ?
Des files d’attente et un record de votes anticipés
Des files d’attente se sont formées devant de nombreux bureaux de vote dans les États de l’est du pays, les premiers à voter et à fermer, a constaté l’AFP. Près de 58 millions de citoyens ont déjà voté par anticipation, un record pour des élections de mi-mandat. À la mi-journée, aucun incident majeur n’était à signaler, même si des machines ne parvenaient pas à scanner les bulletins dans un comté près de New York, où se joue un fauteuil disputé.
En Floride, des bureaux de vote ont été délocalisés en raison d’inondations, selon les autorités locales. Le ministère de la Justice a indiqué avoir déployé 1 000 observateurs électoraux pour la première fois dans les cinquante États américains.
Suspense pour le Sénat
Traditionnellement, le parti qui occupe la Maison Blanche perd du terrain au Congrès lors des « midterms ». Chez les démocrates, l’espoir d’une « vague bleue » reste bien présent, et les enquêtes d’opinion prévoient leur victoire à la Chambre des représentants, entièrement renouvelée mardi.
Le Sénat pourrait aussi basculer, à la faveur de scrutins dans des États traditionnellement républicains, « du Maine à l’Alaska, en passant par le Texas, l’Ohio ou encore le Kansas ». Dans certains bastions de la droite, un tel résultat était encore inimaginable il y a quelques mois. Par ailleurs, 36 postes de gouverneurs sont en jeu, et 145 référendums seront organisés dans divers États, sur des sujets allant du droit à l’avortement à une réforme de l’impôt sur le revenu, en passant par l’interdiction du foie gras.
Donald Trump mettra « son veto sur tout »
Le président américain doit suivre les résultats mardi soir depuis la Maison Blanche. Il a prévenu qu’en cas de défaite républicaine, il mettrait « son veto sur tout ». Défendant son bilan mardi matin sur Fox News, il a appelé les électeurs « à préserver la grandeur de l’Amérique ». « Nous sommes formidables aujourd’hui. Il y a deux ans, nous étions dans une situation catastrophique », a-t-il dit, affirmant que l’inflation était « résolue ».