La Fondation Brigitte Bardot (FBB) affiche 178 millions d’actifs selon son bilan 2024, ainsi que plus de 35 millions de placements. Ce bilan est le dernier connu de cette fondation, qui œuvre depuis 1986 pour la cause animale.

Le principal moyen de financement de la FBB tient aux legs. Biens immobiliers, assurances-vie, voitures et même lingots d’or sont transmis chaque année à la fondation. Elle serait ainsi bénéficiaire de 170 testaments par an. Lorsqu’il s’agit d’un bien immobilier, les donateurs demandent souvent qu’on prenne soin de leurs animaux après leur décès.
Une maison à Saint-Tropez encore invendue
La FBB dispose ainsi d’un patrimoine immobilier très important. Parmi les derniers legs de grande ampleur figure une maison située dans le domaine des Parcs, à Saint-Tropez. Elle a été léguée à condition que la fondation s’occupe des deux vieux chats de la défunte, dont l’un est mort depuis. Sa valeur est estimée entre 9 et 14 millions d’euros.
La demeure n’est pas encore vendue, le prix demandé par la FBB étant jugé un peu élevé. « C’est la première fois en 30 ans que nous avons une maison à Saint-Tropez. On nous y a aussi légué un appartement », indique Ghislaine Calmels-Bock, directrice générale de la FBB. En attendant la vente, des vigiles y logent. « Ce sont les personnes qui s’occupent de la sécurité de la Madrague, explique Max Guazzini, président de la Fondation. On les a logés là-bas pour ne pas avoir de frais d’hôtel. »
Une fondation qui vit de successions
Au fil des années, ce seraient 500 biens immobiliers qui auraient été légués à la Fondation Bardot. Ghislaine Calmels-Bock relativise ce chiffre : « Ça n’a pas trop de sens de balancer des chiffres comme ça, hors de leur contexte. La Fondation ne vit pas de dons, elle vit essentiellement de successions. » Selon elle, les successions peuvent prendre deux, trois ou cinq ans. « On ne peut vendre que lorsque la succession est terminée, ce qui fait que c’est un actif qui n’a aucune valeur », souligne-t-elle.
Pendant cette période, la fondation doit entretenir et sécuriser les maisons, notamment pour éviter les squatteurs, et permettre aux agents immobiliers d’anticiper la vente. « Donc, c’est une charge. Dire qu’on a 500 maisons, ça veut dire que la Fondation serait riche de 500 maisons. Non, on serait pauvres de 500 maisons », affirme la directrice générale.
Interrogée sur le nombre de biens vendus chaque année, elle évoque « une vingtaine ou une trentaine de maisons par an », un chiffre qui dépend des années, du marché immobilier et de l’état des biens. Elle cite des maisons situées dans la Creuse ou au fin fond du Cantal, valant « 10 000 ou 15 000 € ». « Une maison qui va nous rapporter 10 000 ou 15 000 euros nous en a peut-être coûté 20 000 depuis qu’on l’a », précise-t-elle.
Concernant les 35 millions d’euros de placements financiers, Ghislaine Calmels-Bock dit « ne pas avoir ces chiffres en tête ». Elle ajoute toutefois : « Mais si on avait thésaurisé 35 millions d’euros, je pense que le ministère de l’Intérieur, qui siège à notre conseil d’administration, aurait réagi tout de suite, car une fondation, par définition, n’a pas le droit de thésauriser… »
300 salariés, 500 bénévoles, 13 000 animaux
Les deux responsables préfèrent évoquer les activités de la structure. « Vous savez ce qui est important à la Fondation ? Ce sont les 300 salariés, les 500 bénévoles, les 13 000 animaux (…) La seule fondation qui était sur les incendies en Gironde, c’était nous », souligne Max Guazzini.
Ghislaine Calmels-Bock rappelle que la FBB a besoin de moyens pour faire face à ces besoins. « Il faut faire en sorte que les 13 000 animaux qu’on a à la Fondation, ou même peut-être 14 000, je ne sais plus exactement au jour d’aujourd’hui, puissent aller bien », confie-t-elle. Elle évoque aussi un contexte « très compliqué » : « On est peut-être au bord d’une guerre civile. Nous, ce qu’on fait, c’est surtout qu’on fait des stocks pour pouvoir nourrir nos animaux. On se concentre maintenant sur l’avenir. »