Dans une chronique consacrée aux grandes sagas de science-fiction, un auteur affirme que Dune : Deuxième Partie dépasse, selon lui, Star Wars. Pour ce critique, le film de Denis Villeneuve réunit une ambition et une maturité que la saga de George Lucas n’a jamais vraiment atteintes, tout en restant accessible à un public mondial.
- Dune : Deuxième Partie dépasse Star Wars par sa maturité et son ambition.
- Paul Atreides devient une figure messianique, symbolisant une lutte plus sombre et complexe.
- Les conflits du film sont plus profonds, avec des conséquences concrètes et tragiques.
- La fin refuse le triomphe traditionnel, soulignant la dimension ambivalente de l'histoire.

Le film, sorti en salles en 2024, poursuit le parcours de Paul Atreides, interprété par Timothée Chalamet. Après la destruction de sa famille par les Harkonnen, il vit désormais parmi les Fremen, sur la planète Arrakis, aux côtés de Chani (Zendaya) et de Stilgar (Javier Bardem). Peu à peu, il s’intègre à la culture de ce peuple du désert tout en se préparant à affronter ceux qui ont causé la chute de sa maison. Ses visions de l’avenir laissent toutefois entrevoir une guerre dont les conséquences dépasseraient largement une simple lutte pour le pouvoir.
Un héros qui glisse vers la figure messianique
Ce qui distingue le film, selon l’auteur, tient à la manière dont il traite son personnage principal. Là où beaucoup de récits font de leur héros un sauveur sans nuance, Dune : Deuxième Partie montre que Paul n’est pas seulement en train de devenir un chef de guerre : il devient une figure messianique. Le premier volet le plaçait dans une position plus confortable, proche du protagoniste classique qui grandit au contact des événements. Le second rappelle en permanence la distance qui sépare être perçu comme un sauveur et l’être réellement.
Cette ambiguïté n’a rien d’une invention de Denis Villeneuve, puisqu’elle est au cœur des romans de Frank Herbert. Le réalisateur choisit simplement de ne pas adoucir ce versant inconfortable du récit. La tension vient du fait que la victoire de Paul ne constitue pas une fin, mais probablement le début de quelque chose de bien plus sombre.
Des conflits plus complexes que ceux de Star Wars
La comparaison avec Anakin Skywalker, interprété par Hayden Christensen, sert de point de départ à l’analyse. Pour l’auteur, le personnage est tragique, mais ses choix politiques et sociaux finissent par être édulcorés, jusqu’à lui offrir une forme de rédemption. Paul, lui, est confronté à des conséquences beaucoup plus profondes et concrètes : des morts commises en son nom par fanatisme religieux, la manipulation d’une population entière et la transformation d’une prophétie en instrument de pouvoir. Le critique estime que le troisième volet, Dune : Troisième Partie, rendra cette noirceur encore plus évidente.
Le film n’en reste pas moins un succès commercial, avec environ 715 millions de dollars de recettes mondiales. Pour l’auteur, cette réussite s’explique par sa capacité à suivre les codes attendus d’une ascension héroïque tout en les détournant petit à petit. Le spectateur souhaite d’abord voir Paul venger sa famille et triompher, mais la signification de ces victoires se transforme au fil du récit. L’univers, lui aussi, sert l’intrigue : le manque d’eau façonne la culture des Fremen, les vers des sables font partie intégrante de la mythologie, et la mise en scène rend crédible l’appartenance des personnages à ce désert.
Une fin qui refuse le triomphe
Le critique consacre aussi une large part de son analyse à la conclusion du film. Dans un récit plus conventionnel, Paul aurait pu battre ses ennemis, accéder au pouvoir et réaliser le destin qui lui était promis depuis le début. Or le spectateur ne ressent pas cette victoire comme un triomphe, car le protagoniste déclenche une guerre immense en son nom. Le regard triste qu’il adresse à Chani avant qu’elle ne décide de partir renforce ce sentiment de malaise.
Pour l’auteur, cette fin distingue profondément le film de la trilogie originale. Lorsque Luke Skywalker abat l’Empire, la séquence célèbre une victoire sans ambiguïté. « L’influence et la qualité ne sont pas la même chose », tranche le critique, qui reconnaît à Star Wars une place majeure dans l’histoire du cinéma tout en jugeant que Dune a su pousser le langage de l’épopée spatiale beaucoup plus loin. Le film est disponible en streaming sur HBO Max.