Chapo : Plus de 11 millions de Français possèdent un Plan d’Épargne Retraite Individuel (PER), qui offre une grande flexibilité aux épargnants pour liquider leur épargne à la retraite. Cependant, les implications fiscales peuvent complexifier le choix entre capital et rente viagère.
Une grande souplesse
Selon Bercy, le nombre de détenteurs d’un PER dépasse 11 millions en France.

Ce produit, lancé il y a seulement six ans, séduit par ses modes de sortie variés. Les souscripteurs peuvent choisir entre une liquidation en capital, en rente viagère, ou une combinaison des deux en fonction de leurs besoins. « Cette souplesse est très appréciée des épargnants », observe Antoine Delon, président du courtier en ligne Linxea.
Auparavant, les produits similaires comme le plan d’épargne retraite populaire (Perp) et les autres contrats n’offraient que des sorties monétaires strictes sous forme de rente viagère. Delon souligne qu’« la majorité des Français n’aiment pas la rente, car ils se sentent aliénés à l’assureur ». En effet, dans un régime de rente viagère, le capital constitué appartient à l’assureur au décès du souscripteur.
Alexis Trigaut, directeur commercial chez Corum L’Épargne, fait remarquer qu’« un assuré dénoue son Perin à 60 ans alors que son espérance de vie est de 83 ans ». Cela signifie que pendant 23 ans il ne recevra pour ainsi dire que ce qui couvre ses investissements initiaux.
Gare à l’imposition du capital
Cependant, opter pour un retrait en capital peut s’accompagner d’une fiscalité défavorable si les versements ont été déductibles des revenus imposables lors des apports.
« Il n’est pas possible d’avoir un avantage fiscal à l’entrée et à la sortie », résume Trigaut. Le PER doit donc être envisagé avant tout comme un produit de prévoyance selon Stanislas Perrin, directeur général adjoint chez La France Mutualiste. En cas d’événements difficiles tels qu’un décès ou surendettement, il est possible de débloquer les capitaux sans imposition.
Des retraits fractionnés après 70 ans
Pour éviter une forte imposition lors du retrait du PER, ne pas déduire ses versements volontaires permet d’accéder à une fiscalité légérement favorable sur le capital versé. Stanislas Perrin précise cette option peut convenir aux jeunes cherchant à acquérir leur résidence principale avant la retraite. Quant aux conséquences fiscales liées au décès du titulaire du PER avant 70 ans, seuls les versements sont inclus dans la succession jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire sans impôts supplémentaires.
En revanche, au-delà de cet âge critique, cet abattement chute à 30 500 €, partagé parmi tous les bénéficiaires désignés. Dans ce contexte où chaque euro compte lors des retraits après 70 ans, il devient évident qu’effectuer des sorties fractionnées semble souvent plus intéressant financièrement qu’une stratégie axée sur l’assurance-vie.