Le rôle du régime alimentaire dans le développement de l’eczéma est un sujet de débat parmi les spécialistes. Les dermatologues américains ont récemment été informés que la suppression d’aliments spécifiques n’a qu’un impact limité sur ce problème cutané. De nouvelles recherches montrent qu’encourager l’exposition précose aux allergènes alimentaires pourrait être plus bénéfique.
La recherche contredit les idées reçues sur l’eczéma
Des études récentes, comme celles menées par le Dr Peter Lio, professeur en dermatologie et pédiatrie à Northwestern University, ne confirment pas les croyances populaires selon lesquelles certains aliments seraient responsables des poussées d’eczéma. Lors d’une conférence à Orlando, il a précisé que nombreux patients croient que leur maladie est causée par leur alimentation, mais souvent cette hypothèse ne se vérifie pas. Les personnes atteintes d’eczéma souffrent généralement de démangeaisons intenses et de poussées intermittentes, suivies de périodes de rémission. Si des liens existent entre l’eczéma et la génétique ainsi que l’environnement, la relation avec l’alimentation reste complexe après près de deux siècles d’investigations médicales.
Les régimes d’élimination sont inefficaces pour beaucoup
Il est courant chez les jeunes enfants atteints de dermatite atopique de montrer une sensibilité à certains aliments tels que les arachides, le lait ou les œufs. Toutefois, ces régimes restrictifs n’ont pas prouvé leur efficacité dans le contrôle des symptômes pour une majorité des cas. Dr Lio a souligné durant son intervention : « De nombreux patients commencent leurs consultations convaincus que leur eczéma est directement lié à ce qu’ils consomment. Ce serait idéal si c’était aussi simple », indiquant également qu’après examen approfondi des données disponibles, peu considèrent vraiment leur régime alimentaire comme étant la cause principale.
Des allergies alimentaires souvent associées à l’eczéma
Bien qu’il soit évident qu’il existe un lien entre allergies alimentaires et eczéma – notamment pour certaines allergies sévères telles que celle aux arachides et aux crustacés – il semble que la causalité s’établit dans une direction différente. C’est-à-dire que plutôt que des aliments provoquant la maladie, ce sont des allergènes qui pénètrent par une peau déjà compromise qui pourraient en être responsables. Pour Dr Lio, il pourrait être judicieux d’introduire dès le plus jeune âge certains aliments potentiellement allergènes afin « d’apprendre » au système immunitaire à mieux les tolérer. Il déclare : « Les recommandations évoluent vers une introduction précose des allergènes alimentaires afin d’aider nos enfants ».
Des études révèlent une protection durable grâce à l’exposition précose
Une étude soutenue par le National Institutes of Health a démontré qu’une exposition précose répétée aux produits contenant des arachides peut réduire considérablement le taux d’allergies alimentaires liées aux arachides jusqu’à l’adolescence. Cette recherche fait suite à celle connue sous le nom LEAP (Learning Early About Peanuts) qui a mis en évidence qu’introduire les arachides chez les nourrissons souffrant d’eczéma sévère avant 11 mois peut diminuer drastiquement le risque ultérieur d’allergie alimentaire en comparaison aux nourrissons évitant complètement cet aliment.
L’importance croissante du traitement préventif pour gérer l’eczéma
La directrice du NIAID, Jeanne Marrazzo, a affirmé récemment : « Ces résultats doivent inciter parents et soignants à donner régulièrement ces produits dès la petite enfance selon les nouvelles directives ». Également préoccupante était la remarque faite par Sung Poblete, PDG du groupe Food Allergy Research & Education : « Plus de 80 % des cas potentiels pourraient être évités ». Elles insistent tous deux sur ceci : « L’eczéma dépasse largement sa définition normale puisqu’il signale également un risque accru face aux allergies alimentaires. » Avec ces découvertes solides émergeant constamment sur l’intersection entre l’alimentation et l’immunité, assurer une sensibilisation continue auprès des calendriers médicaux semble crucial pour améliorer notre approche vis-à-vis cette affection cutanée persistante.