Pour la première fois, une femme nord-coréenne réfugiée en Corée du Sud attaque Kim Jong-un et le régime de Pyongyang en justice. Choi Min-kyung, âgée de 53 ans, réclame des dommages-intérêts après avoir dénoncé les sévices subis dans plusieurs centres de détention. Une démarche judiciaire inédite Choi Min-kyung a déposé sa plainte à Séoul pour dénoncer des actes de tortures, violences sexuelles et privation de soins qu’elle aurait subis durant sa captivité.
- Une réfugiée sud-coréenne accuse Kim Jong-un de tortures et violences sexuelles.
- Elle a déposé une plainte à Séoul pour des abus subis en prison.
- Elle demande 34 000 euros en réparation.
- Cette action pourrait créer un précédent contre la Corée du Nord.

Elle demande 50 millions de wons (un peu plus de 34 000 euros) en réparation. Kim Jong-un est désigné comme responsable direct des abus qu’elle a endurés en tant que dirigeant du pays. La procédure s’appuie sur le principe de la chaîne de commandement, qui établit que les dirigeants peuvent être tenus responsables des crimes commis sous leur autorité.
Des témoignages accablants Après avoir fui la Corée du Nord en 1997, Choi a été arrêtée à plusieurs reprises et renvoyée dans son pays entre 2000 et 2008. Sa plainte évoque notamment une agression sexuelle lors d’une fouille à nu ainsi que des coups violents ayant entraîné une perte connaissance et perforé son tympan droit. « Cela fait 13 ans que je me suis installée en Corée du Sud, mais je souffre toujours d’un grave syndrome de stress post-traumatique dû aux séquelles de la torture », confie-t-elle.
Elle témoigne également : « Les cicatrices qui couvrent tout mon corps racontent l’horreur des violations des droits humains en Corée du Nord ». **Un soutien pour faire bouger les lignes** L’action judiciaire n’est pas isolée : le Centre de données pour les droits humains en Corée du Nord soutient cette initiative avec l’espoir qu’elle serve d’exemple. Selon Seongyeop Lee, analyste au sein du centre, les tribunaux sud-coréens ne se sont que rarement penchés sur ce type d’affaires meurtrières dans le passé.
C’est pourquoi ils pourraient potentiellement établir un précédent si une décision favorable était rendue. Un des avocats représentant Choi est Lee Young-hyun, ancien ressortissant nord-coréen devenu avocat aux barreaux sud-coréens après avoir fui son pays natal. Vers un changement symbolique La plainte repose non seulement sur l’expérience vécue par Choi mais aussi sur un rapport onusien détaillé publié en 2014 décrivant systématiquement les violences organisées au sein des camps nord-coréens où seraient enfermées entre 80 000 et 120 000 personnes.
Néanmoins, même si Choi devait obtenir gain de cause devant les tribunaux, il reste difficile d’imaginer comment elle pourrait recevoir réparation financière étant donné l’absence d’un mécanisme contraignant envers la Corée du Nord. Pour autant, elle reste déterminée : « Nous devons agir tant que les survivants sont encore là pour raconter leur histoire ». Cette poursuite pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’impunité liée aux violations flagrantes des droits humains dans le pays hermétique qu’est la Corée du Nord.