Depuis le début de la semaine, des milliers de taxis en France ont manifesté contre une nouvelle convention régissant le transport de patients et les VTC. Les chauffeurs s’inquiètent d’une perte potentielle significative de leur chiffre d’affaires suite à une réforme tarifaire qui entrera en vigueur le 1er octobre.
Mobilisation des taxis
Des militants des taxis ont commencé une mobilisation lundi dernier avec diverses actions, y compris des opérations escargot et des blocages près des gares et aéroports. Ils souhaitent se faire entendre avant la réunion cruciale prévue samedi à 17 h 00 au ministère des Transports, où François Bayrou sera présent pour discuter du conflit qui dure depuis presque une semaine.

Impact financier
Cette nouvelle tarification doit entrer en vigueur le 1er octobre. Elle a été instaurée dans le but de contenir la progression des dépenses liées au transport sanitaire, estimées à 6,74 milliards d’euros en 2024, dont plus de 3 milliards pour les taxis conventionnés, représentant une augmentation significative de 45% par rapport à 2019. Thomas Fatôme, directeur général de l’Assurance maladie, a déclaré que « la très grande majorité des taxis seront gagnants avec ce nouveau modèle, car il s’appuie sur une logique de transporter davantage de patients ».
Pour certains artisans-taxis comme Yves Rubicondo, taxi basé à Pithiviers dans le Loiret réalisant 95% de son chiffre d’affaires via l’Assurance maladie, cette réforme pourrait signifier un coup dur : il estime qu’il pourrait perdre entre 25 et 30% de son chiffre d’affaires.
Concurrence avec les VTC
Les taxis demandent également que la nouvelle convention soit retirée et qu’un médiateur soit nommé pour faciliter le dialogue. Cependant, le gouvernement a affirmé ne pas envisager « de faire machine arrière ». Les syndicats taxistes pointent aussi du doigt la concurrence jugée déloyale provenant des chauffeurs VTC utilisant des plateformes telles qu’Uber ou Bolt.
Le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau a demandé aux forces publiques d’intensifier leurs contrôles envers ces services VTC en raison « d’incidents récurrents » observés ces derniers mois liés aux pratiques illégales signalées parmi certains conducteurs.
Le désaccord persistant entre ces deux secteurs continue donc à susciter une forte opposition publique alors que toute solution semble encore incertaine au regard du projet controversé sur lequel pèsent tant espoirs que craintes parmi les professionnels du secteur.