Impact des tarifs américains sur le marché financier
Les actions et les obligations ont subi une baisse significative après l’annonce par la Maison Blanche de nouveaux tarifs, entraînant des inquiétudes chez les investisseurs. La traditionnelle stratégie d’allocation de portefeuille, 60% d’actions et 40% d’obligations, semble désormais remise en question face à cette volatilité.
Les changements après l’annonce des tarifs
En début d’année, alors que le S&P 500 était en correction, les rendements obligataires avaient connu un léger déclin. Les billets de trésorerie à 10 ans ont vu leurs rendements passer de 4,8% à moins de 4%. Cependant, après l’annonce des tarifs lors de la « Journée de libération », le climat du marché a changé rapidement. Le marché obligataire est très délicat, a commenté Donald Trump le 9 avril. Depuis l’annonce, les rendements ont grimpé à 4,49%, tandis que le S&P 500 a chuté jusqu’à 12%.

Raisons de l’augmentation des rendements
Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette hausse des rendements obligeant la stratégie du 60/40 à devenir inefficace : John Pease, membre de GMO, évoque une perte lentement croissante de confiance des investisseurs étrangers envers les actifs américains. Lance Roberts mentionne qu’un fonds spéculatif a vendu ses obligations en raison d’une stratégie connue comme Basing Trade Blow Up. Lawrence Gillum souligne également que ces nouveaux tarifs risquent d’engendrer une inflation accrue, ce qui fait qu’il est crucial pour les investisseurs d’exiger des rendements plus élevés pour couvrir cette érosion potentielle du capital. Lauren Goodwin explique que le portefeuille 60/40 a été conçu pour des périodes de faible inflation, indiquant clairement qu’il pourrait ne pas fonctionner dans un contexte inflationniste actuel.
Analyses souhaitées par les investisseurs
Pour certains analystes financiers comme Eric Markowitz et Lauren Goodwin, il serait sage pour ceux ayant un horizon temporel plus court d’examiner attentivement leur répartition patrimoniale. Markowitz recommande particulièrement aux investisseurs focaux sur « hautes qualités » immédiatement reconsidérées afin d’éviter que l’inflation n’érode trop leurs retours sur investissement. Pease conclut en disant : Dans le contexte particulier des tarifs et du cadre économique erratique actuel, il existe plusieurs raisons valables… cela vaut tant pour les actions que pour les obligations.
Avenir incertain pour le portefeuille traditionnel
La présidence actuelle et son impact sur la politique monétaire sont devenus prégnants alors même que Jerome Powell exprimait ses préoccupations quant au maintien des attentes intrinsèques par rapport à un potentiel recul économique face aux hausses tarifaires : Nous pouvons nous retrouver dans un scénario difficile où nos objectifs sont en tension. Les recommandations actuelles mettent donc l’accent sur une réallocation judicieuse vers des actifs sensibles à l’inflation tels que l’or, ou encore se concentrer davantage sur certaines zones géographiques (ex : petites valeurs japonaises), tout en restant prudent face aux fluctuations rapides possibles du marché.