Le roman de Victor Hugo revient sur grand écran dans une adaptation signée Fred Cavayé, avec Vincent Lindon dans la peau de Jean Valjean. Sorti dans les salles françaises le 14 octobre 2026 après une avant-première parisienne la veille, le film réunit un casting prestigieux. Quelques heures avant cette sortie, l’acteur a raconté que le personnage ne l’avait pas quitté une fois le tournage terminé.
- Vincent Lindon a du mal à quitter mentalement son rôle de Jean Valjean, comparant cela à un divorce.
- Ce lien affectif s'explique par une forte immersion psychologique et les contraintes techniques du tournage.
- Il regrette certains aspects de son enfance, notamment l'absence d'incitation à la discipline ou à la pratique musicale.
- Son aspiration initiale n'était pas le cinéma mais des professions comme médecin ou avocat, qu'il aimerait avoir exercées pour aider concrètement les autres.

Tahar Rahim incarne l’inspecteur Javert, tandis que Noémie Merlant interprète Fantine. Camille Cottin et Benjamin Lavernhe, qui attend bientôt un heureux événement, prennent les traits des Thénardier. Une distribution que toute l’équipe a défendue sur le plateau de C à vous, où les comédiens étaient réunis pour présenter le film.
Vincent Lindon a du mal à se séparer de Jean Valjean
Pour incarner le forçat, Vincent Lindon avait commencé par modifier son apparence, en laissant pousser des favoris que le personnage portait dans le roman. Anne-Elisabeth Lemoine lui a rappelé qu’il les avait coupés après le tournage. « Mais pas tout de suite », a-t-il corrigé. Le comédien explique qu’à l’époque, il lui était impossible de se raser dès le dernier jour : le tournage se faisait sur pellicule, et la moindre reprise imposait de rester raccord. Aujourd’hui, a-t-il souligné, un acteur pourrait quasiment se raser le soir même.
Les contraintes techniques ne sont toutefois pas la seule raison de ce délai. Vincent Lindon évoque surtout un lien affectif avec le personnage, qu’il refuse de trahir en l’abandonnant trop vite. « Moi c’est impossible, parce que psychologiquement, c’est comme si je disais au personnage « je me suis servi de toi en fait je m’en fous de toi. Tu es une marche pour ma carrière ». Alors que ce n’est pas du tout ça », confie-t-il. Il voulait honorer celui qu’il venait d’incarner : « J’ai besoin de lui rendre hommage et même si on va plus nous utiliser, ni toi Jean, ni moi Vincent, on va continuer à rester comme ça un petit moment parce que je n’ai pas envie de te quitter tout de suite. » Cette emprise se faisait sentir jusque dans ses nuits et ses matinées, comme il le raconte : « C’est comme quelque chose qui vous retient, qui vous empêche de quitter le rôle la nuit, le matin. » Pour décrire cette épreuve, il a trouvé une image sans détour : « C’est comme un divorce, c’est très compliqué, surtout si vous n’avez pas un film à faire tout de suite derrière. »
Un regret d’enfance lié à l’éducation reçue
Au-delà du tournage, l’acteur s’est aussi livré sur son enfance dans un entretien accordé aux lecteurs du Parisien, publié le 11 octobre 2026. Si certains reproches envers ses parents restent mesurés, ils n’en sont pas moins précis. « Si je devais en vouloir un peu à mes parents, ce serait pour deux choses : de ne pas m’avoir obligé à jouer du piano et de ne pas m’avoir obligé à être plus sérieux en cours. »
Ce n’est pas le métier de comédien qui l’attirait d’abord. Vincent Lindon confie avoir longtemps rêvé de devenir médecin ou avocat, des professions qui permettent d’aider concrètement les autres. Il reconnaît que le cinéma peut offrir du rêve et du répit au public, mais il aurait aimé, dit-il, avoir un impact d’une autre nature. Malgré ces regrets, il ne renie rien de son parcours : « J’ai adoré mon parcours, mais je ne l’ai pas choisi. C’est lui qui m’a choisi. »