Une mère de famille de 36 ans a été placée en garde à vue après avoir agressé la directrice et une enseignante de l’école maternelle Clément Roassal, à Nice. Armée d’un couteau et d’une arme à feu, elle est restée plus d’une heure dans le bureau de la directrice, en filmant une partie de leurs échanges avec son téléphone.

Selon elle, l’arme avait été achetée deux jours plus tôt. Deux de ses enfants sont scolarisés dans cette école maternelle, située près du centre de Nice. Le procureur de Nice, Damien Martinelli, a indiqué mardi que la femme avait évoqué des accusations de « d’agressions sexuelles dont un de ses enfants aurait été victime », tout en précisant qu’aucune plainte ni aucun signalement n’avait été enregistré.
D’après le parquet, dont le communiqué a été relayé par l’AFP, la trentenaire a asséné « une gifle » à la directrice, puis l’a « tirée par les cheveux ». Elle a ensuite rangé son arme à sa ceinture avant de la gifler à nouveau. Elle a repris l’arme en « actionnant la queue de détente en la pointant en direction » de la directrice, « sans qu’un coup ne parte », en précisant qu’elle n’avait que deux balles. Une enseignante croisée à la sortie du bureau a reçu une gifle et a été menacée avec l’arme.
Repartie de l’école, la femme a été suivie grâce aux caméras de surveillance, puis interpellée peu après à son domicile, dans une rue voisine.
Quelle est la situation administrative de la femme ?
Face aux enquêteurs, la mise en cause a contesté les violences de lundi, mais elle a reconnu avoir actionné plusieurs fois son arme, en précisant qu’elle savait qu’elle était vide. Elle a aussi exprimé des regrets. Née en Tunisie, elle est mère de quatre enfants, nés en 2008, 2016, 2021 et 2022, et elle est séparée du père des deux plus jeunes. Ce dernier a été mis en examen pour tentative d’homicide et violences habituelles sur conjoint, dans une affaire où elle est partie civile. Il est actuellement sous contrôle judiciaire.
Au domicile de la femme, l’arme, que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a assuré être « heureusement factice », n’a pas été retrouvée. Les policiers ont en revanche découvert un couteau Laguiole ainsi que plusieurs passeports, dont certains pourraient être faux. Celle qui se présente comme aide-soignante était en situation irrégulière sur le sol français. Elle avait été assignée à domicile et faisait l’objet d’un suivi pour radicalisation islamiste, selon les informations de Nice-Matin. Elle avait été reconduite en Tunisie en 2019, mais elle avait de nouveau été interpellée en France en 2023. Elle pointait depuis régulièrement au commissariat, sous le coup d’une IAT (interdiction administrative de territoire).
Quel est le passé judiciaire de la femme ?
La femme est connue des services de police pour son implication dans des filières de passage de migrants clandestins à la frontière franco-italienne. Pour ces faits, elle a été condamnée à dix mois de prison avec sursis en septembre 2023. Elle avait déjà été condamnée en 2019 à une peine similaire pour port d’arme et violences en réunion. Si elle a échappé à l’expulsion du territoire français, c’est en raison de la présence d’un enfant né en France, dont elle a obtenu la garde auprès de la justice française.
Le ministre de l’Intérieur a promis mardi que « toutes les conséquences de cette situation seront tirées » et que « tout sera fait pour procéder à son éloignement » du territoire français. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé qu’il se rendrait à Nice « en fin de semaine ». Il a assuré que les victimes recevraient « dans la durée, la protection et l’accompagnement dont elles ont besoin ».
Ces faits interviennent après la condamnation, ces dernières semaines, de parents d’élèves à des peines de prison ferme pour avoir menacé de mort des enseignants, près de Toulouse et Bordeaux.