À Nice, deux enseignantes frappées : une enquête ouverte pour tentative de meurtre

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a dénoncé sur X une agression « intolérable » commise à Nice contre une directrice d’école et une enseignante. La femme à l’origine de ces faits, âgée de 36 ans, est mère de deux enfants scolarisés en maternelle dans cet établissement proche du centre de la ville. Une enquête pour tentative de meurtre a été ouverte.

À Nice, deux enseignantes frappées : une enquête ouverte pour tentative de meurtre

Selon le ministre, l’agression « intervient dans un contexte de banalisation de la violence dans notre société, que nous devons collectivement rejeter : s’en prendre à ces deux femmes dans l’exercice de leurs fonctions, c’est s’en prendre à l’École tout entière. »

La femme s’est présentée à l’accueil de l’établissement vers 09h00, en demandant un entretien en urgence avec la directrice. « D’après les premiers éléments, reçus par cette dernière, l’intéressée la menaçait en pointant une arme à feu dans sa direction et en portant des accusations sur des faits d’agressions sexuelles dont un de ses enfants aurait été victime », a expliqué le procureur Damien Martinelli dans un communiqué.

La mère de famille conteste-t-elle tout fait de violences ?

Toujours d’après le magistrat, la femme aurait ensuite giflé la directrice et tiré ses cheveux, avant de ranger son arme à sa ceinture et de la gifler à nouveau. « Elle reprenait son arme et en actionnait la queue de détente en la pointant en direction de cette dernière, sans qu’un coup ne parte, et en précisant n’avoir que deux balles », a-t-il détaillé.

Elle aurait ensuite porté un nouveau coup au visage de la directrice, avant de sortir un couteau qu’elle lui aurait posé sur la joue. Elle a quitté le bureau environ une heure après y être entrée.

En sortant, la mère de famille a croisé une enseignante, à qui elle a adressé les mêmes accusations. Elle l’aurait giflée et aurait pointé l’arme dans sa direction après l’avoir actionnée, avant de quitter l’établissement.

Interpellée peu après à son domicile et placée en garde à vue, la femme a indiqué avoir « la double nationalité tunisienne et italienne » et exercer « la profession d’aide-soignante ». Elle conteste tout fait de violences. Le parquet indique qu’elle « a déjà été condamnée à deux reprises, notamment pour violences avec arme en 2019 ». La perquisition de son domicile n’a pas permis de retrouver l’arme de poing utilisée.

L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Nice. Elle est notamment ouverte du chef de tentative de meurtre d’une personne chargée d’une mission de service public.

La communauté éducative est-elle sous le choc ?

Le maire de Nice, Éric Ciotti, qui s’est rendu dans la matinée dans l’école visée, a dénoncé une agression « d’une violence inouïe et particulièrement grave » qui a provoqué « un choc majeur dans toute la communauté éducative niçoise ». Aucun élève n’a assisté à la scène, a-t-il précisé.

Rencontrée devant l’école, Vanessa, mère d’un enfant en petite section, a raconté à l’AFP que « c’est sa maîtresse qui a été agressée, quelqu’un de très gentil ». Une autre mère, dont la fille est scolarisée en moyenne section, se dit « hyper contente de cette école et de la maîtresse de ma fille ».

Le recteur de l’académie de Nice, Emmanuel Roux, s’est rendu dans l’établissement pour témoigner son soutien au personnel. Il a annoncé la mobilisation d’une équipe académique de sécurité, ainsi que la mise en place d’un accompagnement psychologique.

Des menaces récentes contre des enseignants sont-elles signalées ?

Cette affaire intervient alors que deux parents d’élèves ont été condamnés ces dernières semaines à des peines de prison ferme pour avoir menacé de mort des enseignants, près de Toulouse et de Bordeaux. Le 10 septembre, un père de famille qui avait menacé de « couper la tête » d’une enseignante de l’école de son fils, au Fauga, près de Toulouse, a écopé de six mois de prison ferme.

Une semaine plus tard, le tribunal de Bordeaux a condamné à 12 mois de prison, dont six avec sursis, un père d’élève qui avait menacé de mort et violenté un surveillant et la principale d’un collège d’Eysines. Toujours en Gironde, un parent d’élève doit être jugé en mars pour avoir menacé de mort une enseignante d’une école élémentaire de Talence, près de Bordeaux.

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