Antoine de Massy, petit-cousin du prince Albert II, âgé de 29 ans, a été retrouvé mort le dimanche 25 octobre dans les parties communes d’une grande résidence privée de Monaco. Un homme de 42 ans, qui l’aurait aidé dans la nuit, a été mis en examen pour « homicide involontaire » et « non-assistance à personne en danger ».

Quelles sont les dernières heures d’Antoine de Massy ?
C’est dans la nuit du 24 octobre, le long de la voie rapide de Monaco, autour d’un petit square urbain entouré d’un muret en béton, que le drame s’est produit. Les caméras de surveillance ont filmé Antoine de Massy pour la dernière fois vers 3 heures du matin, alors qu’il venait de fêter l’anniversaire d’un ami au Sass Café, établissement réputé pour sa clientèle fortunée. Selon le récit reconstitué à partir des images, il en serait sorti seul, visiblement affaibli.
Il aurait voulu regagner sa voiture, puis serait revenu vers le centre-ville. Au lieu d’emprunter la galerie éclairée menant à la place des Moulins, il aurait grimpé un escalier discret et se serait retrouvé sur le boulevard du Larvotto. Les caméras l’ont suivi jusqu’en haut des marches, où il s’est écroulé.
Qui est le témoin mis en examen ?
Un homme de 42 ans, Ukrainien installé depuis longtemps à Monaco et jamais cité dans les médias, serait alors venu à son aide. Sorti fumer, il aurait aidé le jeune homme à se relever, lui offrant son épaule jusqu’au square, où les caméras les ont perdus de vue. Selon ce témoin, il aurait fait asseoir Antoine de Massy sur un banc, puis l’aurait laissé seul avant de revenir sur ses pas, intrigué par un bruit. Il n’aurait vu personne et serait rentré chez lui.
Placé en garde à vue, il conteste les accusations. Il a néanmoins été mis en examen puis déféré devant un juge. Le parquet précise qu’il n’a répondu à aucune des questions du magistrat et qu’il a été placé en détention provisoire, une procédure classique pour éviter le risque de fuite. Les circonstances de la mort restent à éclaircir, et le compte rendu des analyses toxicologiques figure parmi les premières pièces attendues.
Les proches du jeune homme, réunis le 30 octobre dans le square, doutent que la vérité éclate. Son meilleur ami, qui se présente comme tel, écarte la thèse du suicide d’un mot : « Impossible ». Il décrit un homme en forme, avec des projets et des amis, qui s’était fixé des résolutions pour rassurer son père, notamment pas de fête pendant cent cinquante jours.
Quelle était la vie d’Antoine de Massy ?
Initié au tennis dès son plus jeune âge par son père, le baron Christian de Massy, Antoine était devenu un petit champion dès ses 10 ans. À 15 ans, il confiait à « Monaco-Matin » sa volonté de représenter la Principauté aux JO de 2016. Il a ensuite étudié à l’université internationale de Floride, abandonné ses ambitions professionnelles et lancé une application mobile destinée aux touristes de Monaco. Selon un proche, il préparait au moment du drame la création d’une banque en ligne monégasque sur le modèle de Revolut.
Interrogé par notre journaliste Anne-Cécile Beaudoin lors de son déplacement à Madagascar, le prince Albert II a évoqué son cousin : « Mon cousin était un garçon assez réservé, timide. Il avait un peu de mal à trouver sa place. Pas dans la famille, mais dans ce qu’il voulait faire ». Le prince ajoute : « On ne sait pas grand-chose de ce qu’il s’est passé. Malheureusement, il a sans doute fait une mauvaise chute. C’est terrible pour notre famille ».