Un cambriolage au Musée du Louvre : les boucles d’oreilles en émeraude et diamant de l’impératrice Marie-Louise dérobées
Le 19 novembre 2025, le Musée du Louvre a été victime d’un cambriolage durant lequel huit précieuses pièces de la collection des Diamants de la Couronne ont été volées. Parmi elles se trouvent les célèbres boucles d’oreilles en émeraude et diamant ayant appartenu à l’impératrice Marie-Louise, épouse de Napoléon Ier.

Zoom sur un bijou historique
Les boucles d’oreilles sont constituées de six émeraudes, dont deux imposantes pesant 45,2 carats, et accentuées par 108 diamants. Elles étaient exposées dans la vitrine de la Galerie d’Apollon du musée parisien avant leur vol. Ce bijou faisait partie d’une parure offerte par Napoléon Ier à Marie-Louise lors de leur mariage, célébré le 2 avril 1810, comprenant également un diadème, un collier et un peigne.
Origine du bijou
Fabriquées en 1810 par François-Régnault Nicot, joaillier parisien reconnu, ces boucles avaient été commandées spécialement pour l’impératrice à cette époque où elle devenait reine consort. Certaines pièces étaient destinées à rester dans son patrimoine privé tandis que d’autres figuraient parmi les biens des Diamants de la Couronne.
D’une histoire liée aux Habsbourg
En mars 1814, alors que Paris était sur le point de capituler face aux forces étrangères, Marie-Louise quitta la ville avec son fils durant l’exil de Napoléon sur l’île d’Elbe. Bien qu’elle ait restitué certains diamants au gouvernement français représenté par l’émissaire des Bourbon après sa séparation avec l’empereur exilé, elle choisit cependant d’emporter ses bijoux personnels.
À sa mort, Marie-Louise transmit cette précieuse parure à son cousin Léopold II de Habsbourg. Ses descendants conservèrent ces joyaux jusqu’en 1953, date à laquelle ils furent vendus au célèbre joailler Van Cleef & Arpels. Le Musée du Louvre souligne qu’à ce jour « les émeraudes du diadème sont alors vendues une à une ; une riche collectionneuse américaine les acquiert puis lègue le reste en 1966 à la Smithsonian Institution ». Contrairement aux autres éléments démembrés, les boucles et le collier restent intacts depuis leur arrivée dans les collections du musée en 2004, grâce au soutien financier du Patrimoine et à celui des Amis du Louvre.
Ce vol majeur soulève des interrogations quant à la sécurité des institutions culturelles face aux menaces contemporaines qui pèsent sur notre patrimoine national.