La femme de Stephen King, Tabitha, a repêché dans la poubelle les premières pages de Carrie et a demandé à son mari de continuer à écrire. Ce premier roman, l’un des plus emblématiques de l’auteur, n’existe que grâce à son intervention.
- Tabitha King a sauvé le manuscrit de Carrie des poubelles.
- Le roman est publié en 1974, puis atteint un grand succès commercial et critique.
- Il a été adapté au cinéma en 1976, avec des distinctions pour les actrices principales.
- Une série moderne renouvelée la perspective sur l'histoire et explore l'horreur sociale.

Un brouillon jeté, puis sauvé
À l’époque, Stephen King est professeur dans un lycée et sa famille vit dans une caravane. Dans un essai publié par le Guardian en 2000, il raconte avoir écrit trois pages à interligne simple d’un premier jet, avant de les froisser « par dégoût » et de les jeter. Les éditeurs refusent le manuscrit à trente reprises avant qu’un d’entre eux accepte de prendre le risque. Sans l’intervention de Tabitha, l’un des romans d’horreur les plus célèbres de l’histoire n’aurait peut-être jamais atteint les rayons des librairies.
Un succès et une adaptation au cinéma
Le livre est finalement publié par Doubleday le 5 avril 1974, et l’accueil dépasse tout ce que le monde de l’édition avait connu pour un premier roman. Les droits de poche sont vendus 400 000 dollars, une somme considérable pour l’époque. Stephen King en utilise la moitié pour rembourser ses dettes et subvenir aux besoins de sa famille. Le roman reste plusieurs mois en tête des listes de best-sellers.
Deux ans plus tard, le réalisateur Brian De Palma en tire un film. Sorti en 1976, il met en scène Sissy Spacek dans le rôle de Carrie et Piper Laurie dans celui de sa mère terrifiante. Les deux actrices sont nommées aux Oscars, une distinction rare pour un film d’horreur à cette époque. Le rôle de Carrie White reste aujourd’hui considéré comme l’une des interprétations les plus marquantes du genre.
Le récit a été adapté à plusieurs reprises, notamment dans un remake sorti en 2013 avec Chloë Grace Moretz, ainsi que dans une comédie musicale présentée à Broadway en 1988. Cette dernière a connu une existence éphémère, mais elle a depuis gagné un public de fidèles. Pour Stephen King, ce premier livre marque le début d’une carrière qui compte plus de 65 romans et des centaines de nouvelles.
Une nouvelle série, un autre regard
Mike Flanagan, réalisateur et showrunner de la nouvelle adaptation, veut « faire Carrie différemment », selon Indy100. « Le film de Brian De Palma est un classique immortel et une adaptation presque parfaite du roman de King. Il n’y avait aucune raison de refaire cela, mais je n’arrêtais pas d’y penser », déclare-t-il.
La série, composée de huit épisodes, suit une lycéenne, Carrie White, interprétée par Summer H. Howell. Elle a passé l’essentiel de sa vie isolée chez elle, sous la surveillance de sa mère ultra-religieuse, Margaret, jouée par Samantha Sloyan. Après la mort soudaine de son père, Carrie doit intégrer le lycée public d’Ewen, où elle devient au cœur d’un scandale de harcèlement qui se propage sur les réseaux sociaux. Ses pouvoirs de télékinésie se déchaînent ensuite.
Âgée de 22 ans, Summer H. Howell a été choisie parmi plus de 1 400 actrices. Stephen King a lui aussi réagi : « Je n’ai pas pu arrêter de regarder la série. Elle touche au cœur de la misère adolescente, avec de brefs rayons de joie. » Il ajoute que le livre et le film de De Palma parlaient de sang et d’horreur, alors que la version de Flanagan traite de « l’horreur des réseaux sociaux ».