Un ancien conducteur de livraison et covoiturage, Justin St. James, partage son expérience peu satisfaisante sur les applications comme Uber et Lyft. Après des revenus en baisse et une concurrence accrue dans le secteur, il a décidé de quitter ces plateformes pour de bon.
- Justin St. James a cessé de travailler pour Uber et Lyft.
- Il a découvert que ses revenus avaient baissé et la concurrence s'était accrue.
- Il a réalisé qu'il gagnait moins que ses clients pour les courses.
- Il a quitté le travail de concert en janvier, déçu par l'inéquité salariale.

Une expérience décevante avec les applications de transport. Justin St. James, ancien travailleur d’Uber Eats et chauffeur chez Lyft, témoigne des difficultés rencontrées dans le secteur du travail à la demande, souvent considéré comme un moyen de revenu flexible par des millions d’Américains.
Pendant la période de pandémie, en 2020, il a découvert que certains membres de sa famille gagnaient 500 $ pour une semaine de travail sur ces applications. Il s’est alors mis à livrer en 2022, réalisant rapidement qu’il pouvait gagner de l’argent facilement : « Je n’ai jamais gagné autant d’argent si vite ».
Cependant, selon lui, ce modèle économique s’est détérioré. En 2023, les revenus ont chuté. Lors d’une course en tant que passager en janvier dernier avec Lyft, un chauffeur lui a révélé avoir gagné 500 $ en deux jours « qui étaient certains de mes jours les plus lents » lorsqu’il travaillait comme livreur.
L’expérience a pris un tournant lorsque Justin a réalisé qu’il était rémunéré bien moins que ses clients ne payaient pour leurs courses. Une fois, il avait accepté un trajet payé seulement 7,50 $, alors que le client avait déboursé 28 $ : « J’avais l’impression que quelqu’un m’avait frappé à la poitrine ».
Face à cette inéquité salariale exacerbée par une forte concurrence suite à son déménagement en Californie – où le nombre de chauffeurs est élevé – Justin a annoncé sa décision désillusionnée : « En janvier, j’ai décidé de quitter le travail de concert ».
Maintenant tourné vers l’avenir, il construit un site internet pour partager son expérience et commenter ce qu’il considère comme des failles systématiques dans ce type d’emploi : « La meilleure partie du covoiturage a été de parler aux gens, mais il est vraiment difficile… si vous n’êtes pas bien payé ».
Du côté d’Uber, un porte-parole assure que l’entreprise cherche continuellement des moyens « de rendre les expériences des conducteurs plus faciles ». Ils soulignent également que moins de 20% du tarif total revient à Uber après coûts divers.
Alors que le débat autour du statut des travailleurs indépendants continue d’évoluer aux États-Unis et ailleurs dans le monde, l’histoire vécue par Justin St. James soulève questionnements quant au futur durable du travail numérique sous contrat précaire.