La crise à l'aciérie britannique affecte les relations Royaume-Uni-Chine

Le gouvernement britannique tente de réchauffer ses relations avec la Chine, mais une récente décision du Parlement d’intervenir dans l’industrie de l’acier révèle des tensions sous-jacentes. Malgré les efforts du Premier ministre Keir Starmer pour renforcer les liens économiques, le dossier de l’acier et des droits humains pose question.

  • Le gouvernement britannique tente de réchauffer ses relations avec la Chine.
  • Un récent vote du Parlement britannique pour prendre le contrôle d'une usine d'acier chinoise a soulevé des interrogations.
  • La fermeture de l'usine à Scunthorpe pourrait entraîner la perte de 2 700 emplois.
  • La réaction chinoise a été d'alerter le gouvernement britannique sur la transformation de la coopération économique en problèmes politiques.

La crise à l’aciérie britannique affecte les relations Royaume-Uni-Chine

Les enjeux diplomatiques entre la Grande-Bretagne et la Chine

Cette année, la Grande-Bretagne a déployé plusieurs hauts fonctionnaires en Chine, s’inscrivant ainsi dans une offensive visant à améliorer les relations bilatérales affectées par les politiques protectionnistes de l’administration américaine sous Donald Trump. Cependant, le récent vote du Parlement britannique pour prendre le contrôle d’une usine d’acier détenue par un groupe chinois a soulevé des interrogations sur cette stratégie.

L’usine concernée, située à Scunthorpe, dans le Lincolnshire, pourrait fermer deux hauts fourneaux si son propriétaire, la société chinoise Jingye, ne parvient pas à respecter certaines conditions. La fermeture entraînerait la perte de 2 700 emplois et mettrait en péril l’approvisionnement en une marchandise jugée stratégiquement importante pour le Royaume-Uni.

Jonathan Reynolds, secrétaire aux affaires, a déclaré : « Nous devons être clairs sur le genre de secteur où nous pouvons en fait promouvoir et coopérer et, franchement, où nous ne pouvons pas ». Il a également affirmé que Jingye avait volontairement arrêté ses commandes de matières premières critiques.

Concernant la situation actuelle de l’usine, le gouvernement fait état d’un succès préliminaire dans ses efforts pour sécuriser suffisamment de minerai de fer et charbon à coke via deux navires envoyés près des installations. Toutefois, Jingye perd actuellement 700 000 livres sterling (environ 922 000 euros) par jour.

Réactions et considérations politiques

La réaction chinoise n’a pas tardé : Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a averti que « le gouvernement devrait s’abstenir de transformer la coopération économique et commerciale en problèmes politiques ». Cette déclaration intervient alors que Keir Starmer cherche à restaurer des liens qui se sont détériorés ces dernières années suite à diverses controverses liées aux droits humains en Chine et aux cyberattaques présumées provenant du pays.

« La question est de savoir si les ministres veulent voir cela pour ce qu’il est ou préfèrent minimiser afin d’éviter d’accroître les tensions », analyse Steve Tsang, directeur du SOAS China Institute à Londres.

Historique des relations

En janvier dernier déjà, Rachel Reeves avait rencontré divers investisseurs chinois lors d’un déplacement pékinnois qui avait abouti à un engagement limité évalué à seulement 600 millions £ (790 millions euros).

D’autres visites notables incluent celle effectuée par Tony Radakin, amiral britannique dont mission était également d’apaiser les relations militaires au lendemain des tensions géopolitiques croissantes avec Beijing.

Malgré ces actions positives visibles dans un cadre commercial renouvelable semblable au mandat précédent durant lequel David Cameron vantait une «ère dorée» avec Pékin – rebaptisée sous Johnson comme étant biaisée – cette dynamique est mise au défi sans cesse notamment lorsque certaines critiques refont surface concernant projets chinois tels qu’une nouvelle ambassade prévue au cœur financier londonien auprès duquel se dressent déjà scepticismes populaires quant au risque accru d’espionnage démultiplié sous couvert de diplomatie.

Enjeux futurs

Ainsi donc, comment articuler perspectives bilatérales tout autant productives sinon prudente envers contingences annihilatrices potentielles capricieuses du futur proche demeure enjeu crucial suivi tant localement qu’internationalement …