La fascination pour les joyaux royaux continue de nourrir expositions et ventes aux enchères. À Londres, plus de trois cents pièces doivent être réunies pour raconter cinq siècles de joaillerie royale britannique, tandis que la maison Sotheby’s prépare une vente exceptionnelle à Genève, le 11 novembre.

Après l’exposition des joyaux de la collection Al-Thani à l’Hôtel de la Marine, à Paris, la capitale britannique s’apprête à accueillir une exposition organisée par la Royal Collection Trust. Elle se tiendra dans la King’s Gallery du palais de Buckingham, du 25 juin 2027 au 19 mars 2028. Le public pourra y admirer le célèbre diadème de diamants créé en 1820 pour le roi George IV, la petite couronne de diamants de la reine Victoria réalisée en 1870, ou encore une broche offerte par le prince Albert à la reine Victoria la veille de leur mariage, en 1840. Plusieurs bijoux ayant appartenu à la reine Elizabeth II figureront également au programme, notamment le collier d’émeraudes et de diamants Greville.
Du côté des enchères, la vente annoncée par Sotheby’s réunira des bijoux ayant appartenu aux reines Ingrid et Alexandrine de Danemark, ainsi qu’à Marie-Amélie d’Orléans, dernière reine du Portugal. Parmi eux, un bracelet en émeraudes et diamants avait été expédié à sa nièce, Dona Esperanza, dans une boîte de sardines, lors de son mariage avec Dom Pedro-Gastao d’Orléans-et-Bragance.
Un diadème très attendu
De la Maison de France, un autre joyau fait également sa réapparition. Il s’agit d’un diadème conçu vers 1862 par le joaillier français Mellerio dit Mellers pour l’Exposition universelle de Londres. Il est constitué d’un bandeau à motif de clé grecque serti de diamants, surmonté de 21 diamants de taille rose. Après l’exposition, Antoine et Louise-Ferdinande, duc et duchesse de Galliera, l’achètent pour l’offrir à leur fille Marie-Isabelle, à l’occasion de son mariage avec le prince Philippe d’Orléans, comte de Paris, en 1864. Le couple aura huit enfants, dont la reine Amélie de Portugal. Mais c’est le benjamin de la fratrie, le prince Ferdinand, qui hérite du diadème à la mort de sa mère, en 1919.
Une autre parure pourrait également susciter l’intérêt des enchérisseurs. Il s’agit d’un collier et de boucles d’oreilles en saphirs et diamants, mis en vente après le décès de la princesse Birgitta, sœur aînée du roi Carl XVI Gustaf de Suède. Ces bijoux appartenaient à sa mère, la princesse Sybilla, qui les avait reçus en cadeau de mariage lors de son union avec le prince Gustave Adolphe de Suède, en 1932. Les pierres lui avaient été offertes par son oncle Ferdinand de Saxe-Cobourg, ancien tsar de Bulgarie, qui les tenait, dit-on, de la tsarine Maria Feodorovna de Russie, née princesse Dagmar de Danemark, mère de Nicolas II.
Carl XVI Gustaf va-t-il racheter les bijoux de sa mère ?
L’écrin de la princesse Birgitta comprend également des bagues, un bracelet en diamants, un bracelet de perles et diamants, une bague ornée d’une émeraude d’environ 8 carats, ainsi qu’un collier de perles fines et de diamants ayant appartenu à l’épouse du roi Gustave VI Adolphe de Suède.
Nul ne sait si le roi Carl XVI Gustaf se portera acquéreur des bijoux de sa mère, vendus par ses neveux. Selon la presse suédoise, le souverain n’était pas au courant de la vente du collier de saphirs et de diamants de sa défunte sœur, une dispersion qui pourrait être à l’origine d’un différend au sein de la famille royale. Johan T. Lindwall, rédacteur en chef du Svensk Damtidning, estime que « le roi est si conservateur que cela va à l’encontre de ses valeurs. Vendre les bijoux de sa mère aux enchères est contraire à tout ce que représente le roi ». Il ajoute qu’il n’est « pas exclu » que Carl XVI Gustaf rachète les bijoux lors de leur mise en vente.