Emmanuel Macron s’est adressé aux Français depuis l’Élysée, après des scènes de chaos dont certaines se poursuivaient encore. Le chef de l’État n’a annoncé aucune mesure concrète, alors que beaucoup attendaient une parole forte et des décisions à la hauteur de la crise.

Dans l’entourage présidentiel, certains plaidaient pour « renverser la table ». Quelques heures avant l’allocution, un visiteur régulier de l’Élysée confiait à Paris Match : « L’attente est trop forte. Il faut qu’il reprenne la main. Je lui ai proposé quelques décisions spectaculaires. » Les chaînes d’information en continu ont alors évoqué plusieurs hypothèses, dont la déclaration de l’état d’urgence ou l’instauration d’un couvre-feu.
Rien de tout cela. Le président a débuté son discours par « Mes chers compatriotes », puis s’est attaché à présenter des intentions plutôt que des actes.
Des promesses plutôt que des mesures
Sur les violences, Emmanuel Macron dit attendre « des réponses claires » et affirme que « toute la transparence sera faite ». Il précise avoir demandé au ministre de l’Intérieur de s’en charger.
Pour les commerçants dont les boutiques ont été saccagées et pillées, le chef de l’État assure que « le gouvernement leur apportera des réponses ». Le Premier ministre doit présider dès le lendemain une cellule de crise destinée à mobiliser les aides au plus vite. Selon Paris Match, aucune annonce précise ni chiffrée n’a accompagné ces engagements.
Une parole sans effet, selon l’analyse de Paris Match
Le magazine rappelle que, dans Condition de l’homme moderne, la philosophe Hannah Arendt écrit que le pouvoir existe là où « la parole et l’acte ne se sont pas séparés ». Pour Paris Match, la parole présidentielle semble ici remplacer l’action, plus qu’elle ne l’accompagne.
Le magazine cite aussi le discours de Bayeux prononcé par le général de Gaulle en 1946, dans lequel celui-ci se présentait comme « le président de l’Union française en même temps que celui de la République ». Pendant l’allocution, un portrait du général, placé dans un petit cadre derrière le président, ne tenait que par une aiguille.