Au moins 30 personnes ont été tuées mercredi matin près de Tolède, en Espagne, lorsqu’un train à grande vitesse a percuté l’arrière d’un autre train, provoquant un déraillement qui a fait dévaler plusieurs voitures sur un talus, selon un porte-parole du gouvernement régional. Ce bilan a été communiqué par une source qui s’est exprimée sous couvert d’anonymat, n’étant pas autorisée à parler publiquement du nombre de victimes.

Ce drame survient après un autre accident mortel impliquant les mêmes compagnies, en janvier, sur une ligne du sud du pays, qui avait fait 46 morts. Ce précédent avait profondément choqué l’Espagne et suscité de sérieux doutes sur la sécurité de son réseau ferroviaire, longtemps vanté.
Dans les reportages des médias espagnols, des passagers décrivent un choc violent. Certains ont été projetés hors d’un wagon-restaurant, d’autres ont vu leurs membres brisés, et des voyageurs se sont retrouvés entassés les uns sur les autres. Plusieurs personnes sont sorties en rampant par les fenêtres et se sont allongées dans un champ voisin, où des ouvriers locaux, alertés par le bruit, sont venus leur porter secours avec des trousses de premiers secours. C’est là, selon ces témoignages, qu’ils ont aperçu les premiers corps.
L’Adif, l’autorité ferroviaire espagnole, a indiqué que les trains impliqués étaient « un train de Renfe et un autre de la compagnie Iryo, qui assurent tous deux la liaison Madrid-Séville ». Renfe, l’opérateur ferroviaire national, a annoncé la suspension du service à grande vitesse entre Madrid, la capitale, et la région andalouse, dans le sud du pays.
Selon les premières informations, le train Iryo se trouvait à l’arrêt sur les voies, et le train Renfe l’aurait percuté. Des médias locaux font état de 397 passagers à bord du train Renfe et d’environ 150 dans le train Iryo. Isaac Barrientos, porte-parole du ministère des Transports, a précisé que les premières informations faisaient état du déraillement de deux voitures du train Iryo.
Un accident qui touche une campagne électorale tendue
Des élections législatives anticipées sont prévues pour la fin novembre, et cet accident pourrait devenir un sujet dans une campagne déjà très tendue, portant sur la capacité du gouvernement de gauche du Premier ministre Pedro Sánchez à gérer le dossier. Ce dernier, dont le cabinet a annulé toutes les réunions prévues, a réagi sur les réseaux sociaux : « Bouleversé par le grave accident ferroviaire de Tolède, j’ai une pensée pour les victimes et leurs familles. Les services d’urgence interviennent sur place pour venir en aide aux personnes touchées, en coordination avec l’ensemble des administrations concernées. »
Le chef de file de l’opposition conservatrice, Alberto Núñez Feijóo, a lui aussi exprimé rapidement son inquiétude. « Je suis très préoccupé par les informations que nous recevons concernant un nouvel accident de train », a-t-il écrit, avant d’ajouter que la priorité était « d’aider les victimes et de soutenir leurs familles ». Son Parti populaire a annulé l’ensemble de ses événements de campagne dans le pays.