Le cardinal Pizzaballa et la proposition audacieuse
Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, a proposé de se rendre en otage pour obtenir la libération d’enfants israéliens kidnappés par le Hamas lors de l’attaque du 7 octobre 2023. Cette offre n’a pas été retenue, mais elle met en lumière sa candidature potentielle au poste de pape.
- Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, a proposé de se rendre en otage pour libérer des enfants israéliens.
- Perçu comme un potentiel successeur au pape François, Pizzaballa pourrait ramener la papauté sous contrôle italien.
- Malgré son expérience dans la région, certains craignent qu'il soit trop jeune et qu'il soit perçu comme un étranger au Vatican.
- Les réactions sont diverses, avec des appuis pour sa vision pastorale et des critiques pour son engagement politique.

Un candidat sérieux ?
Le cardinal Pizzaballa, perçu comme un potentiel successeur au pape François, pourrait ramener la papauté sous contrôle italien après près de 50 ans d’absence. Âgé de 60 ans, il possède une vaste expérience acquise durant ses décennies passées au Moyen-Orient. Cela lui confère une crédibilité dans cette région où coexistent trois grandes religions.
Néanmoins, il est perçu comme un étranger au Vatican en raison de son éloignement et du temps passé hors d’Italie pour forger des alliances plus locales. Certains membres influents de l’Église craignent également qu’il soit trop jeune pour assumer un poste aussi prestigieux ; rappelons que le pape Jean-Paul II avait été élu à 58 ans et avait servi pendant 26 ans.
Réactions diverses
Sa vision conservatrice et son respect des traditions font de lui un personnage apprécié par certains conservateurs religieux. Toutefois, son expérience unique dans la région reste difficile à cerner quant aux positions qu’il pourrait adopter sur les sujets sensibles divisant l’Église catholique à l’échelle mondiale.
Massimo Faggioli, professeur à l’Université Villanova, a commenté : « Il incarne une approche pastorale… vous ne devez donc pas devenir un croisé ». Il souligne également que le cardinal vient d’une « culture catholique pragmatique » et qu’il ne mène pas « une guerre culturelle » sur les questions liées au sexe et au genre.
Wadie Abunassar, coordinateur d’un forum chrétien non gouvernemental en Israël, décrit Pizzaballa comme « une personne qui aime construire des ponts avec chaque être humain » et souligne son engagement envers les plus démunis.
Relations interreligieuses
Alors qu’il n’était dans son nouveau rôle que depuis quelques jours lorsque l’attaque a eu lieu, Pizzaballa totalise pourtant près de 35 ans passés dans la région. Ancien élève en théologie biblique à Jérusalem et franciscain provenant du nord de l’Italie, il parle plusieurs langues dont l’hébreu biblique tout autant que quelques notions d’arabe.
Ses talents diplomatiques ont été particulièrement précieux pour établir des relations avec toutes les communautés religieuses présentes dans la région – Juifs, musulmans et chrétiens – illustrant ainsi sa capacité à naviguer habilement entre elles malgré des contextes souvent tendus.
Hana Bendcowsky du Rossing Center for Education and Dialogue exprime sa confiance : « Nous avons encore besoin de lui ici » avant d’évoquer ses espoirs que cela ne devienne réalité « pas avant une autre décennie ». Xavier Abu Eid attire cependant l’attention sur certaines critiques : même si beaucoup attendent plus d’engagement contre certaines politiques israéliennes concernant Gaza, il souligne aussi les limites auxquelles peut faire face un chef religieux.
Conclusion
Les prises de parole récentes et controversées du pape François sur la situation humanitaire à Gaza reflètent bien ces tensions interreligieuses complexes touchant désormais directement le rôle futur potentiel du cardinal Pizzaballa.