Kimi Antonelli : Un jeune homme à la personnalité unique

Kimi Antonelli est devenu champion du monde de Formule 1 au Mexique, après un parcours suivi de près par l’écurie Mercedes depuis ses 11 ans. Repéré sur les circuits de karting, le jeune Italien a franchi chaque étape avec une maturité qui a frappé ceux qui le suivent.

Kimi Antonelli : Un jeune homme à la personnalité unique

En 2017, Gwen Lagrue, longtemps chargé de repérer les jeunes talents pour Mercedes, expliquait dans le documentaire « Monoplace », diffusé sur Netflix : « Je sillonne les circuits de karting du monde pour trouver le champion de demain. Le karting, c’est là que tout commence. » C’est à cette période que le jeune natif de Bologne attire l’attention. Une saison de karting peut coûter jusqu’à 200 000 dollars, et l’équipe allemande doit donc miser sur un espoir.

Stéphane Guérin, manager de la filière jeunes pilotes Mercedes, se souvient surtout de sa personnalité : « Ce qui m’a d’abord marqué, c’est son charisme, sa gentillesse et sa bienveillance envers les gens. » Son premier rôle a été de le suivre lors de son passage du karting à la monoplace, en 2021-2022.

Une famille et une passion précoce

Sa mère, Veronica, raconte à « La Repubblica » que la passion remonte à sa naissance. Le 23 août 2006, alors qu’elle était au cinéma pour voir « Cars », elle a commencé à avoir des contractions. Deux jours plus tard, le 25 août, Kimi est né. Son père, Marco, pilote de GT, a lui aussi transmis le goût de la course, et l’enfant organisait déjà ses courses sur le sol de sa chambre.

En 2007, la famille participe à un événement sur le circuit de Sarno. Marco raconte avoir fait monter son fils, âgé d’un an, sur ses genoux dans un kart. Lorsque sa mère l’a sorti du véhicule, l’enfant s’est mis à pleurer, car il ne voulait pas lâcher le volant. Plus tard, à Adria, au volant d’une Lamborghini Super Trofeo, Marco a partagé le baquet avec son fils. « À un certain moment, nous nous sommes vraiment retrouvés en symbiose », a-t-il confié, avant de conclure : « C’est là que j’ai pris conscience de son talent. »

La relation entre les deux hommes n’a pas toujours été simple. Dans le documentaire, Marco reconnaît être dur avec son fils : « Si j’étais comme ça avec toi, c’est parce que moi, je n’ai pas su saisir toutes les occasions et je ne voulais pas que tu les rates. » Stéphane Guérin décrit une famille « simple, unie et équilibrée », où Veronica veille notamment à ce que son fils continue d’aller à l’école lorsque Toto Wolff annonce sa titularisation en Formule 1.

Des débuts sous pression

Avant d’arriver en Formule 1, Antonelli a remporté cinq championnats en monoplace en deux ans et demi. Il a aussi dû travailler sa condition physique et l’anglais, la langue des consignes. En 2024, Toto Wolff, patron de l’écurie, décide de lui faire confiance. Le dirigeant le prévient : « Tu vas te trouver face à une exposition et une pression très fortes. »

En septembre 2024, à Monza, le jeune pilote perd le contrôle de sa monoplace dans la Parabolique et percute le mur de pneus. « Ce jour-là, j’ai déçu toute ma famille. Mon père n’était pas content (…) J’ai pleuré, je ne voulais voir personne », confie-t-il. En 2025, il prend le départ du Grand Prix d’Australie et finit quatrième après être parti 16e. La saison alterne les moments forts et les erreurs. Toto Wolff, cité par le « Wall Street Journal », reconnaît : « Il fallait qu’on croie en notre propre conviction pendant assez longtemps. Dans d’autres équipes, on l’aurait viré. » Le quotidien américain révèle par ailleurs, dans une enquête, que Mercedes a misé dix millions de dollars sur ce jeune pilote.

Pour Stéphane Guérin, Kimi Antonelli n’a rien d’un surhomme ni d’un personnage excentrique : « Il est très tactile, joueur, blagueur, jovial, curieux. » En course, il commet encore des fautes, mais il se rattrape. Au Texas, il aurait pu être sacré à Austin, mais il n’avait pas l’âge de boire de l’alcool aux États-Unis, où la majorité est fixée à 21 ans. Il a finalement attendu le Mexique et une troisième place pour remporter le titre.

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