Les leçons qu'il en a tirées

Avant de devenir l’un des acteurs les plus connus au monde, Patrick Stewart a été reporter dans un journal local, une expérience qui s’est terminée à cause de sa passion pour le théâtre amateur. Dans un entretien, il est revenu sur ce début de carrière, avant de parler de son interprétation solo d’A Christmas Carol (Un chant de Noël) de Charles Dickens.

Les leçons qu’il en a tirées

Patrick Stewart a quitté l’école à 15 ans, comme on le faisait à l’époque, raconte-t-il. Son journal local l’a embauché, mais le théâtre occupait déjà une place trop grande dans sa vie. « Tout mon jeu d’acteur amateur interférait avec mon travail. J’ai eu des ennuis. Je n’étais pas honnête. J’inventais des choses. »

Le jour où une grande usine de sa ville a pris feu, un appel est parvenu à la rédaction. Le rédacteur en chef a répondu : « Non, ne vous inquiétez pas, Patrick est juste à côté. » Or il n’était pas sur place, il répétait. « Pour moi, être à la répétition comptait plus que d’assister à une réunion du conseil municipal », confie-t-il, presque penaud, des décennies plus tard.

Un Scrooge qui touche chacun

Convoqué par le rédacteur en chef, Patrick Stewart a reçu un ultimatum : abandonner « ce théâtre amateur, ces jeux ridicules » et se consacrer au travail pour lequel le journal le payait. « Je n’aimais pas qu’on me parle comme ça. Je suis monté, j’ai rangé ma machine à écrire et je suis parti. Je suis rentré chez moi et j’ai dit à mes parents : «Je vais devenir acteur.» Ils m’ont demandé comment. Je n’en avais aucune idée, mais j’allais le découvrir. Et je l’ai fait. »

Des années plus tard, ce même homme a fait forte impression sur le journaliste, qui a eu la chance de le voir à Broadway dans les années 1990. Seul en scène, avec quelques meubles, des lumières et de la fumée, il interprétait Ebenezer Scrooge dans l’adaptation de Dickens. Plus de 40 personnages étaient présents dans la pièce, mais c’est Scrooge qui lui a d’abord paru le plus difficile à faire vivre. Puis il a compris ce qui le rendait proche de lui : « Une bonne amie m’a fait remarquer que Scrooge, c’était moi, que Scrooge existe en chacun de nous. »

Le spectateur a ainsi vu le personnage passer de l’avarice à la détresse. Au début, Scrooge demande : « N’y a-t-il pas de prisons ? N’y a-t-il pas d’hospices pour les pauvres ? » Puis, en fin de parcours, il supplie : « Esprit! Écoute-moi! Je ne suis plus l’homme que j’étais! »

Cette histoire résonne aussi avec le passé de l’acteur. Son père, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, est rentré avec un syndrome de stress post-traumatique. Il buvait et se montrait violent envers le jeune Patrick et sa mère. Le théâtre, raconte Patrick Stewart, lui a permis de « sortir de la maison » et de trouver des moyens de traverser le traumatisme de son enfance pauvre dans l’Angleterre de l’après-guerre.

Une œuvre plus politique qu’on ne le pense

Dans l’entretien, Patrick Stewart a expliqué comment son regard sur le texte avait évolué. « Je ne suis plus la personne que j’étais il y a vingt ans, et je vois cette histoire très différemment aujourd’hui. Je la vois bien davantage comme un document politique que comme une belle histoire de Noël. » Il cite la scène où le fantôme de Marley reproche à Scrooge d’avoir consacré sa vie à l’argent. Scrooge lui répond : « Mais tu étais toujours un homme d’affaires honnête, Jacob. » Et Marley rétorque : « Les affaires ? L’humanité était mon affaire. Le bien commun était mon affaire. »

Pour l’acteur, la question centrale est simple : « Si vous avez des ressources, que faites-vous avec elles ? Les mettez-vous à disposition de ceux qui en ont moins ? » Une part importante de son énergie a été consacrée à des actions philanthropiques, notamment au soutien aux victimes de violences conjugales, aux causes LGBTQ et aux vétérans souffrant de stress post-traumatique.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.