En Ukraine, à bord des trains : la peur permanente des drones russes

Depuis le début de l’année 2026, les attaques russes ont endommagé 4 856 installations ferroviaires, dont 380 locomotives et 146 wagons, selon les Chemins de fer ukrainiens. Face à cette menace, les autorités procèdent désormais à 100 à 200 évacuations de trains par jour, ce qui provoque des retards de plusieurs heures.

En Ukraine, à bord des trains : la peur permanente des drones russes

« L’ennemi a pris nos services passagers pour cibles », déplore auprès de l’AFP Oleg Golovashchenko, directeur de la compagnie de transport de passagers de l’opérateur public.

Des passagers évacués en pleine nuit ?

À bord d’un train de nuit reliant Kharkiv à Kiev, des journalistes de l’AFP ont assisté à l’une de ces évacuations. Plusieurs heures après le départ, des agents ont brusquement réveillé les voyageurs. « Évacuation, évacuation! », a crié un membre de l’équipage, alors que des drones russes étaient signalés à proximité.

Contraints de quitter les wagons en urgence, les passagers ont cherché refuge pendant que le bruit d’un drone se rapprochait. Une explosion a ensuite illuminé le ciel au loin. Parmi eux, Kateryna Kumratova, 35 ans, accompagnait sa fille Nina, âgée de quatre ans. « Tout se crispe en soi quand on se rend compte que l’abri est encore loin, et que l’on a son enfant à côté », raconte-t-elle.

Une fois le danger écarté, les voyageurs ont pu regagner leurs compartiments et reprendre leur trajet. « Nous les avons faits monter dans le train, nous devons les conduire à destination en vie », explique Mykola Kryvenko, contrôleur de 50 ans.

Un hiver qui s’annonce difficile ?

Avec l’arrivée de l’hiver, les conditions de voyage pourraient encore se dégrader. Les autorités ukrainiennes redoutent des coupures d’électricité et de chauffage, alors que les frappes russes contre les infrastructures énergétiques s’intensifient.

Pour limiter les risques liés aux évacuations par températures négatives, les Chemins de fer ukrainiens envisagent des arrêts préventifs permettant aux voyageurs de rester à bord. Des couvertures et des bouillottes doivent également être mises à disposition.

Malgré ces dangers, le train reste indispensable aux déplacements dans le pays, dont l’espace aérien est fermé aux avions civils depuis le début de la guerre. « Voyager en train avec un enfant, malgré ces évacuations, c’est encore le mieux », estime Kateryna Kumratova.

Pour Daryna Styrchuk, 24 ans, rencontrée sur la liaison entre Kiev et Poltava, les attaques incessantes ont aussi renforcé la résilience des Ukrainiens. « Je crois que nous sommes prêts à tout désormais », confie-t-elle.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.