Des tarifs qui pèsent sur le secteur
Les cafés américains commencent à augmenter leurs prix après l’instauration de nouveaux tarifs de 10% concernant les importations. Bien que Donald Trump ait marqué une pause de 90 jours sur certains tarifs, ce prélèvement reste effectif pour le café. Dans un contexte où la production américaine est limitée, les acteurs du secteur doivent désormais faire face à ces coûts accrus.
- Les cafés américains augmentent leurs prix suite à des tarifs de 10% sur les importations de café.
- Chris Kornman, de Royal Coffee, considère la situation comme une « crise sans précédent ».
- Plusieurs établissements, comme The Crown et The Wakery, ont déjà augmenté leurs prix.
- TJ Semanchin, de Wonderstate Coffee, prévoit des augmentations futures en raison de l'incertitude tarifaire.

Chris Kornman, directeur de l’éducation chez Royal Coffee, a déclaré : « Cela efface toute notre marge bénéficiaire si nous l’absorbons », qualifiant la situation de « crise sans précédent » pour l’industrie du café. Depuis cette annonce, plusieurs établissements comme The Crown, un café spécialisé d’Oakland (Californie), ont augmenté leurs prix, ajoutant 50 cents supplémentaires au coût de chaque boisson, excepté pour son rôti noir économique proposé à 2 dollars.
Max Nicholas-Fulmer, PDG de Royal Coffee, a indiqué dans un communiqué : « À moins que nous obtenions une résolution à Washington bientôt, cela semble être la nouvelle normale ».
D’autres établissements tels que The Wakery, basé en Illinois, ont également fait le choix d’augmenter leurs prix afin d’éviter une trop grande pression financière liée aux hausses annoncées par leur fournisseur.
Augmentations prévisibles et incertitudes
TJ Semanchin, copropriétaire de Wonderstate Coffee, pense qu’une augmentation actuelle des prix n’est « que le point de départ ». Selon un rapport du Département américain de l’Agriculture, les États-Unis représentent le deuxième plus grand importateur mondial de café. La Colombie et le Vietnam comptent parmi ses principaux fournisseurs.
Il existe une confusion autour des modalités tarifaires ; initialement fixés entre 25 et 46%, avec une majorité demeurant à 10%. Chris Kornman ajoute que malgré certaines pauses tarifaires annoncées récemment par Trump, tout demeure incertain dans ce marché volatile : « Le marché du café se fait zigzaguer dans toutes les directions car il y a tellement d’incertitude et de volatilité ».
La réaction immédiate des entreprises face aux propos présidentiels est révélatrice. Des propriétaires comme Pierre et Jackie Marquez, responsables chez Tasa Coffee Roasters à Chicago, déclarent avoir déjà dû ajuster leurs tarifs en février dernier en raison d’une hausse générale des coûts ; ils anticipent d’autres augmentations si les mesures tarifaires prévues par Trump s’appliquent véritablement après sa période tampon.
Kornman souligne aussi la limitation importante qu’ils rencontrent ici aux États-Unis où seule Hawaï produit réellement du café ayant vocation à remplacer ces importations massives.
La hausse des coûts liés au transport ainsi qu’à la rareté fiscale augmente encore plus la pression économique sur les cafés alors même qu’une éventuelle récession mondiale menace également leur clientèle potentielle.
« Je ne m’attends pas à augmenter encore les prix dans un monde idéal », conclut Kornman avec prudence.
Ce tournant stratégique marque donc non seulement un changement dans le paysage économique pour plusieurs petits commerces mais aussi inévitablement dans nos habitudes quotidiennes liées au célèbre breuvage matinal.