Découvrez le diamant rose des princes de Condé, volé il y a 100 ans puis retrouvé, maintenant exposé à Chantilly

Le Diamant rose « Grand Condé », gemme de 9,01 carats conservée au musée Condé du château de Chantilly, fait l’objet d’une exposition qui retrace son parcours, de ses propriétaires successifs à son vol survenu il y a cent ans. Elle présente aussi les résultats d’un projet de recherche interdisciplinaire inédit sur des diamants historiques en France.

Découvrez le diamant rose des princes de Condé, volé il y a 100 ans puis retrouvé, maintenant exposé à Chantilly

Plusieurs récits entourent l’origine de la pierre. Selon la légende, elle aurait été offerte à Louis II de Bourbon-Condé, dit le Grand Condé, par son cousin Louis XIV en personne. Une autre version évoque un cadeau de Mazarin. Depuis le XIXe siècle, c’est sous le nom de « Grand Condé » que ce diamant à la couleur inhabituelle est connu.

Les archives, elles, ne permettent pas d’attester que le joyau est entré dans la famille des princes de Condé à cette époque. Sa première trace date de 1740, dans l’inventaire après décès de Louis IV Henri de Bourbon-Condé, arrière-petit-fils du Grand Condé. Le musée Condé indique qu’il ornait alors l’insigne de la Toison d’or du prince, aux côtés d’un rare diamant vert et de nombreux diamants jaunes et blancs. Démontée peu après la mort du prince, la Toison d’or a laissé place à une bague.

De la reine Marie-Amélie au duc d’Aumale

Dès 1753, la pierre fait partie d’un ensemble de gemmes déclarées inaliénables, destinées à être transmises de père en fils. Le musée y voit « un véritable emblème dynastique », destiné à préserver « l’éclat et la splendeur » de la maison de Condé.

Au XIXe siècle, le diamant quitte la famille. Il passe en 1833, lors de la vente des bijoux du dernier prince de Condé, Louis VI Henri, à la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, roi des Français. Celle-ci le porte en épingle, entouré de petits brillants, avant de le léguer à son petit-fils, Louis d’Orléans, qui porte le titre de courtoisie de prince de Condé. Ce dernier meurt à 20 ans en 1866, deux mois après sa grand-mère. La pierre revient alors à son père, Henri d’Orléans, duc d’Aumale, héritier du dernier prince de Condé, son parrain. Celui-ci lui laisse, outre sa fortune et ses collections, son château de Chantilly.

Un vol et une enquête menée avec Scotland Yard

En 1898, lorsque le musée Condé ouvre ses portes au château de Chantilly pour présenter les collections du duc d’Aumale, le Diamant rose trouve sa place dans le cabinet des Gemmes. Dans la nuit du 11 au 12 octobre 1926, il est dérobé avec quelques autres bijoux, ainsi que des armes et divers objets. Les voleurs, Léon-Émile Kauffer et son cousin Émile Souter, ont profité d’une nuit sans lune, d’un vent violent ce soir-là et de la vulnérabilité d’un système de sécurité datant du XIXe siècle.

L’affaire fait grand bruit, en France comme à l’étranger, et la police française se mobilise aux côtés de Scotland Yard. C’est pourtant une femme de chambre d’un hôtel parisien situé près de la gare de l’Est qui permet de résoudre l’enquête. Elle découvre le diamant caché dans l’une des chambres, dans une pomme qu’elle n’a pu s’empêcher de croquer. Cette découverte permet d’identifier les voleurs, qui avaient déjà fait démonter et revendu la plupart des autres bijoux, et de les arrêter. Le joyau revient au musée Condé en 1928, où il n’est dès lors que très exceptionnellement présenté au public.

Une exposition consacrée à la pierre

C’est en partie ce caractère rare qui donne son intérêt à l’exposition consacrée au Diamant rose, ouverte depuis le 17 octobre 2026. Organisée en partenariat avec l’École des arts joailliers, avec le soutien de Van Cleef & Arpels, elle ne se limite pas à montrer la pierre au public.

Elle dévoile aussi les résultats d’un projet de recherche interdisciplinaire, qui associe recherches archivistiques et analyses gemmologiques. On y découvre ses propriétaires successifs, le récit de son vol, ainsi que les particularités de sa couleur et de sa taille.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.