Lors de vacances en famille, une autrice a vu ses parents, âgés de plus de 70 ans, danser sur ABBA dans un beach club de Saint-Tropez. Ce moment l’a conduite à regarder autrement les séjours multigénérationnels qu’elle organise chaque année avec sa famille depuis 12 ans.

Tout commence par une demande de son fils, âgé de 21 ans, qui souhaitait se rendre dans un beach club animé. La famille est retournée à Nikki Beach, où elle avait déjeuné quelques années plus tôt, pour découvrir l’ambiance estivale typique de ces établissements européens, avec serviettes blanches agitées et musique diffusée depuis la cabine du DJ. Personne n’imaginait que les grands-parents se lèveraient pour danser. Pourtant, ses deux parents ont dansé ce jour-là, et sa mère a depuis classé cette journée parmi ses préférées.
Concilier les générations
L’organisation des voyages a beaucoup évolué. Le fils de l’autrice avait 9 ans lors du premier séjour et amène aujourd’hui sa petite amie. Ses parents, dans la mi-soixante-dizaine, ont des problèmes de santé qui demandent davantage de patience et de soin. Elle raconte avoir dû adapter les programmes pour que chacun puisse participer : elle ne pense plus seulement à l’aventure, mais aussi aux distances à pied, aux temps de repos et à ce que ses parents peuvent faire confortablement, sans oublier de divertir les jeunes adultes.
Ce qu’elle a retenu de ce voyage, c’est qu’un choix pensé pour la jeune génération peut aussi créer un souvenir marquant pour la plus âgée. Elle plaisante sur le terme « darty », contraction de « day party », que lui a appris son fils étudiant.
Bien plus que des vacances pour ses parents
Quelques jours plus tôt, son père lui avait confié qu’il aurait l’impression de se rapprocher de la mort si les vacances annuelles venaient à s’arrêter. En le voyant danser avec sa femme, rire et profiter de l’instant, l’autrice dit avoir mieux compris ce qu’il voulait dire. Pour lui, ces séjours ne sont pas seulement des vacances : ils représentent quelque chose qu’il peut encore attendre, la preuve qu’il reste des endroits à découvrir et des souvenirs à construire.
Elle reconnaît avoir longtemps cherché avant tout à cocher des destinations sur sa liste de choses à faire. Aujourd’hui, elle dit vouloir garder en mémoire ces moments, car viendra un temps où les voyages ne seront plus possibles pour ses parents et où son fils sera occupé par son travail et sa propre famille. Elle affirme aussi que la remarque de son père l’a conduite à réfléchir à ces séjours uniquement sous l’angle de l’organisatrice et de l’aidante, sans prendre en compte ce qu’ils représentent pour lui.
Le temps passé ensemble
Le succès de ces voyages se mesurait autrefois aux lieux visités et aux paysages découverts. Désormais, il se mesure au temps partagé sans interruption. La famille est passée de destinations comme l’Afrique ou les Galápagos à des lieux où elle n’a pas à faire et défaire ses valises tous les trois ou quatre jours.
Les meilleurs moments, selon elle, ne sont pas les expériences spectaculaires, mais ceux qui suivent les excursions : les cocktails au bord de la piscine, le dernier verre de vin, la musique, ou une partie de Flip 7 ou de Pass the Pigs. Elle évoque aussi une pause autour d’une bière dans une rue inconnue, qu’ils ne retrouveront peut-être jamais.
La famille, qui compte désormais six personnes, ne sait pas combien d’années elle pourra encore partager ces voyages. Elle espère qu’il y en aura beaucoup. Elle confie toutefois que la remarque de son père l’a fait réaliser que compter les années passe à côté de l’essentiel : « Nous avons eu ce voyage, et pendant que nous étions là, tout le monde pouvait encore danser. »