Un nouvel outil, Gigu, destiné aux travailleurs indépendants de la gig economy, vient d’être lancé aux États-Unis. Cette application suscite des controverses, notamment avec Uber, qui l’accuse de violer ses conditions d’utilisation en accédant à ses données. Avec sa fonctionnalité « Cherry Picker », Gigu offre aux utilisateurs la possibilité d’évaluer rapidement les offres afin de maximiser leurs gains.
- Une application appelée Gigu est lancée aux États-Unis pour aider les chauffeurs Uber à choisir des courses rentables.
- Elle utilise une fonctionnalité appelée « Cherry Picker » pour évaluer rapidement les offres.
- Uber accuse Gigu de violer ses conditions d'utilisation en accédant à ses données.
- L'application propose une segmentation visuelle des commandes pour aider les travailleurs à choisir les tâches les plus lucratives.

Une fonctionnalité pour optimiser les revenus
La fonctionnalité « Cherry Picker » permet aux conducteurs et livreurs de filtrer les demandes qu’ils reçoivent. En analysant les informations affichées par différentes plateformes comme Uber ou Lyft, l’application calcule le montant potentiel que le travailleur pourrait gagner par mile et à un taux horaire. Selon Luiz Gustavo Neves, PDG et co-fondateur de Gigu, « Ils ont tendance à tout accepter ». Cela souligne l’importance croissante que revêtent ces outils dans un contexte où le coût de l’entretien des véhicules ne cesse d’augmenter.
Neves explique aussi que « des facteurs tels que l’augmentation du coût de l’entretien des voitures signifient que les travailleurs doivent être plus alertes à ce que les manèges sont rentables ».
Réactions juridiques et préoccupations sur la rémunération
Gigu a déjà été au centre d’une bataille juridique avec Uber au Brésil concernant cette même fonctionnalité. Uber affirme que toute application accédant à ses données enfreint ses conditions d’utilisation. En revanche, un tribunal brésilien a statué en faveur de Gigu.
Le porte-parole d’Uber a déclaré : « L’utilisation d’outils d’automatisation pour manipuler l’application Uber n’est pas autorisée ». La compagnie reste engagée sur le front légal face à Gigu.
De nombreux travailleurs indépendants ressentent une pression sur leur revenu malgré une demande stable dans le secteur. Les fondateurs de Gigu indiquent avoir créé cette application en réponse aux difficultés financières rencontrées par ces travailleurs durant la pandémie mondiale.
Un appui notable pour les travailleurs
L’application propose également une segmentation visuelle des commandes – vert pour celles jugées lucratives, jaune pour celles moyennement intéressantes et rouge pour celles jugées peu bénéfiques selon les critères définis par chaque utilisateur. Ce système vise à rendre visible la rentabilité potentielle des offres afin que chaque travailleur puisse faire ses choix en toute transparence.
Len Sherman, directeur résident et professeur auxiliaire à la Columbia Business School, souligne qu’« avoir cette transparence peut faire une différence » tant dans le choix des tâches à accepter que dans la gestion quotidienne du travail par ces individus souvent débordés lorsqu’ils essaient simultanément de satisfaire plusieurs demandes.
À travers Gigu, Neves invite : « Nous donnons juste la transparence ». Les enjeux autour du travail indépendant continuent ainsi de grandir tandis que des applications comme celle-ci cherchent à redéfinir cet espace professionnel complexe.