Benjamin Millepied Sur La Vraie Raison De Son Depart Des Etats-Unis : Je Ne Suis Pas Parti Uniquement A Cause De Trump

Le chorégraphe Benjamin Millepied présente trois spectacles qui se succéderont sur la même scène, aux Folies Bergère, pendant trois semaines. Dans un entretien accordé à Paris Match, Benjamin Millepied revient sur la genèse de ces créations, sur sa passion pour Barbara et sur ses regrets.

Benjamin Millepied Sur La Vraie Raison De Son Depart Des Etats-Unis : Je Ne Suis Pas Parti Uniquement A Cause De Trump

Au cours de sa carrière, Benjamin Millepied a créé soixante-quinze pièces, soit une, deux, voire trois par an. Il ne sait pas si cela relève de son caractère. La première création, consacrée à la chanteuse Barbara, l’habite depuis longtemps. Il a rencontré November Ultra pendant que ce projet prenait forme, ce qui a inspiré le deuxième spectacle, « Summerland ». L’idée d’un cabaret est devenue la troisième création, puis il a relié les trois pièces pour construire un moment fort.

Qu’est-ce qui relie ces trois créations ?

Il écoutait les chansons de Barbara petit, avec ses parents, puis ses mélodies l’ont accompagné à plusieurs moments de sa vie. Selon lui, ses chansons sont autobiographiques, « comme des Mémoires, mais aussi comme un ballet », et elles l’ont toujours inspiré pour la danse.

Pour « Summerland », il voulait monter Les demoiselles de Rochefort et imaginait November Ultra dans le rôle de Delphine, l’une des jumelles. Après avoir écouté son album, qui « hurlait la danse » pour lui, il a eu envie de créer sur ses chansons.

Le projet des « Demoiselles de Rochefort » devait voir le jour au Lido, mais il n’a pas trouvé d’accord avec le directeur sur leur vision commune. Il refuse de faire des compromis pour cette œuvre, qu’il décrit comme un geste « hyper généreux » de Michel Legrand et Jacques Demy. Il dit savoir qu’il la montera un jour.

Arrivé au New York City Ballet à 18 ans, il a immédiatement dansé West Side Story, qu’il considère comme un chef-d’œuvre marqué par les années 1960. Il avait des doutes sur la dernière adaptation de Spielberg, sortie en 2021. Il s’empare d’une œuvre ancienne seulement s’il est certain de pouvoir la moderniser, et il préfère les nouvelles créations.

Comment a-t-il grandi ?

Il a grandi dans une famille de musiciens, avec un grand-père pianiste et une grand-mère violoncelliste, mais aussi une mère danseuse. Ses parents, qu’il décrit comme des sortes de hippies, ne faisaient aucune différence entre les êtres. Les quatre premières années de sa vie, passées à Dakar, l’ont particulièrement marqué, notamment dans son rapport au rythme et à la danse.

Sa mère, professeure de danse contemporaine, est décédée il y a à peine trois ans. Il dansait avec elle vers 10 ou 11 ans. Son spectacle « Du bout des lèvres » lui est dédié, car Barbara était sa chanteuse préférée.

Dans « Move Me Once More », il met en scène Charly Voodoo, comédien travesti, et Eliot Preti, artiste non binaire. « Je voyais Eliot pour Eliot, sans penser à il ou à elle », confie-t-il, avant d’ajouter être convaincu que certains spectateurs changeront leur regard sur la non-binarité.

Interrogé sur son éventuel retour aux États-Unis, il répond : « Je ne suis pas parti des États-Unis uniquement à cause de Trump. » Il dit avoir besoin d’une vie avec les autres et compare Paris à un village, où il peut rejoindre en quelques minutes n’importe quel ami. Il retourne régulièrement à Los Angeles, où il va ouvrir une salle de spectacle.

Il a quitté le New York City Ballet « du jour au lendemain », et dit aujourd’hui regretter de ne pas avoir mieux soigné la fin de sa carrière de danseur. Il a aussi démissionné de la direction du Ballet de l’Opéra de Paris, sans regrets, tout en précisant y avoir appris ce qu’il ne voulait pas : « La danse, ça ne doit pas être l’armée. »

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.